Amener l’alimentation locale dans les écoles :

le grand projet de la mairie

À l’école du Vallon à Cran-Gevrier règne une animation particulière en cette journée d’automne. La cour de récréation a été transformée en cuisine géante pour une journée de sensibilisation à l’alimentation locale : les enfants de 17 classes de maternelle et d’élémentaire y découvrent la fabrication de la farine, du beurre ou encore du pain à travers des ateliers. « C’est notre deuxième action dans les écoles en partenariat avec la mairie, indique André Veirman, de l’association organisatrice Terre d’Union. On veut sensibiliser les enfants à une alimentation saine, bio idéalement, de proximité et de saison, avec la difficulté que si on veut du local, il y en a peu aujourd’hui sur le territoire. »

Le bassin annécien a en effet une autonomie alimentaire inférieure à 1 %, et les acteurs locaux veulent changer cette tendance. « Nous voulons montrer que la restauration collective peut être un levier fort pour consommer tout ce qui peut être produit autour d’Annecy, le tout en éduquant le consommateur dès le plus jeune âge sur ce qu’il va avoir dans l’assiette », ajoute Chloé Rivière, élue annécienne à la restauration municipale et à l’alimentation locale & biologique.

Impulser de nouvelles filières

Grâce aux bénévoles des associations participantes, les enfants découvrent comment est fabriqué un produit qu’ils ont l’habitude de voir tout prêt et emballé. Ils goûtent ensuite à leurs créations lors du repas du midi et du goûter. Mais ces journées 100 % locales à l’école sont aussi un argument pour la municipalité annécienne. « Il y a des produits que l’on n’arrive pas à avoir en local et on espère qu’en montrant cette volonté collective, on pourra impulser de nouvelles filières sur le territoire », ajoute Chloé Rivière. Aujourd’hui, le bassin annécien compte surtout des producteurs laitiers et de fromages, et beaucoup de produits maraîchers manquent à l’appel. L’équipe municipale espère ainsi développer un lien plus fort entre les cuisines centrales qui préparent les repas des cantines et les producteurs.

Alors la Ville démarche les écoles qui souhaitent participer à ce projet pour mettre du local dans la restauration collective. « Ici à Cran, le directeur est motivé sur ces thématiques, il y a déjà un potager fait par l’école maternelle sur le site et les enseignants étaient tout de suite partants », ajoute André Veirman. Aujourd’hui, 20 % des produits utilisés dans les cantines d’Annecy sont bios et/ou locaux. L’augmentation de cette part est une loi nationale, mais Annecy veut faire plus. « C’est un projet sur le long terme pour améliorer la qualité des repas et des produits, ça avance doucement, mais sûrement. »