Les stations se réinventent pour attirer toute l’année

Daprès ce qui se profile avec le réchauffement climatique, les stations fermeront un jour. On ne sait pas quand, et pour l’instant, il n’est pas question de laisser tomber les activités hivernales, mais ça arrivera un jour. » Le constat dressé par Grégoire Chavanel, directeur du site de La Sambuy, pourrait être alarmant. Mais les stations du bassin annécien et des Aravis ont compris depuis déjà longtemps qu’elles ne pouvaient plus compter que sur l’hiver pour perdurer.

1

Certaines stations en passe de miser avant tout sur l’été

Les stations l’ont bien compris, plus question de ne miser que sur l’hiver. À La Sambuy, ce n’est d’ailleurs plus l’hiver qui apporte le plus gros du chiffre d’affaires. « En 2016, l’été a rapporté 270 000 € de chiffre d’affaires, contre 220 000 € en hiver. Et cet été, on est monté à 370 000 €, un record  ! », constate le directeur de La Sambuy. « Nous avons clairement la volonté d’attirer plus de personnes l’été. Vu l’incertitude de l’hiver, nous devons renforcer les points forts afin d’équilibrer le budget », ajoute Jean-Louis Merle, adjoint au maire de Faverges-Seythenex, dont la station dépend.  

2

Les stations bien décidé à diversifier leurs offres toute l’année

Pour développer encore plus son attractivité estivale, la station de La Sambuy propose de plus en plus d’activités. « Depuis 2011 et l’installation de la luge sur rail quatre saisons, nous essayons petit à petit d’élargir nos activités pour satisfaire les utilisateurs », déclare Grégoire Chavanel. Une stratégie mise en place dans les petites comme les grosses stations.

À La Clusaz et Manigod, la pratique du VTT se développe : « Avant, cette activité était surtout réservée à l’élite sportive, mais avec l’arrivée du vélo à assistance électrique, de nouvelles portes vont s’ouvrir », commente Samuel Delavay, directeur de l’office de tourisme de Manigod. La Clusaz souhaite aussi diversifier. Pour cela, la station mise aussi sur les activités hors saison. « Le VTT, l’escalade, la via ferrata sont des activités faisables en automne, nous cherchons donc à proposer des offres élargies dans la durée et l’activité », déclare Alexis Bongard, directeur de l’office de tourisme de La Clusaz.

Car les touristes ne viennent plus seulement l’été et l’hiver, selon Samuel Delavay : «  À Manigod, nous avons constaté que les touristes sont présents toute l’année, contrairement à il y a cinq/six ans. L’année prochaine, nous avons décidé d’ouvrir nos infrastructures dès fin mai, jusqu’à fin septembre, et plus seulement lors des vacances d’été. »     

3

L’hiver reste la saison privilégiée dans les grandes stations de ski

Séjours plus courts, diversification des activités... Les skieurs ont modifié leur comportement. Mais ceux-ci restent fortement présents dans les stations des Aravis, dont la fréquentation est de 65 % l’hiver et 35 % l’été. Le ski rapporte toujours pour les stations : « Pour 1 € dépensé dans les remontées mécaniques, ce sont jusqu’à sept euros de retombées pour les commerces alentours et la station », commente le maire du Grand-Bornand, André Perrillat. Pour ce dernier bien que « la station ait toujours laissé une place à l’accueil touristique quatre saisons, l’hiver reste et restera, par sa spécificité, le point fort de la station ».