A Thonon, une grande avancée pour l’intégration des enfants handicapés

Tous les matins les enfants de l’IME sont à l’école du Châtelard, encadrés par leur maîtresse Aurélie et leurs éducatrices Christelle et Sylvie.
Tous les matins les enfants de l’IME sont à l’école du Châtelard, encadrés par leur maîtresse Aurélie et leurs éducatrices Christelle et Sylvie.

Une simple affiche marquée «IME». En se baladant dans les couloirs de la flambant neuve école du Châtelard, rien ou presque ne permet de différencier cette classe, pourtant si particulière et importante. Au rez-de-chaussée du bâtiment, en face d’une classe comme il y en a tant d’autres, c’est là que Salman, Yacine, Océane, Nicolas, Nathanaël et Iwann vont en cours depuis la rentrée. Ils sont handicapés, mais les équipes de l’Institut médico-éducatif de Thonon les ont choisis pour faire partie des précurseurs.

Leur classe est spacieuse et aménagée pour pouvoir permettre à chaque élève de travailler dans les meilleures conditions. Surtout, elle est située au cœur même de l’école du Châtelard. Cela pourrait sembler être un détail. Mais c’est bien plus que ça. Inclure une classe de l’IME au sein même d’un groupe scolaire, c’est une première dans la circonscription de Thonon. C’est surtout une avancée majeure pour l’inclusion des enfants handicapés, chère à l’Education nationale, qui a fixé des objectifs très ambitieux aux différentes structures qui se battent pour offrir le meilleur accès à l’école possible à ces enfants. Chaque jour, les six élèves de la classe de l’IME côtoient ainsi des centaines d’autres élèves qui suivent une scolarité normale.

« Il y avait des craintes et des questions »

Mais avant de pouvoir mettre en place tout cela, il a fallu informer, beaucoup, et rassurer, surtout. « Nous avons dû expliquer la démarche aux parents des deux côtés. Il y avait des craintes et des questions aussi bien du côté des familles de l’IME que des familles de l’école du Châtelard. Mais les premiers retours sont plus qu’encourageants », explique Jean-François Ridoux, le directeur du pôle enfance jeunesse de l’APEI. Astrid Baud-Roche, l’adjointe en charge de l’éducation, lui emboîte le pas : « C’est un projet engagé depuis plusieurs années. En soit, le programme scolaire suivi par ces élèves de l’IME ne change pas. C’est l’environnement qui est très important. C’est avant tout un projet humain, une grande avancée pour l’école inclusive ». Un avis que partage Jean-François Ridoux : « Leur enseignante est la même, leurs éducatrices spécialisées sont les mêmes. Les enfants ne sont pas perdus, loin de là ».

En classe, les six enfants de l’IME sont joyeux, curieux, et s’entendent visiblement bien. Une preuve de plus que cette inclusion est pour l’instant un succès, qui en appelle peut-être d’autres : « Si tout continue de bien se passer, ils devraient pouvoir manger avec leur éducatrice et les autres élèves dans le self du Châtelard. D’autres projets sont prévus avec l’IME, qui est voisine de l’école. Tout le monde sortira gagnant si nous continuons notre belle collaboration », affirme le directeur du groupe scolaire, Didier Chartes.

Mehdi Elaaboudi

L’IME, qu’est-ce que c’est?

Un IME est un institut médico-éducatif, un établissement spécialisé qui accueille des enfants entre 6 et 20 ans, en situation de handicap. L’IME de Tully s’occupe d’enfants présentant des déficiences intellectuelles, des troubles du spectre autistique ou souffrant de polyhandicap depuis 1962. L’institut met en place un accompagnement personnalisé, éducatif, thérapeutique et pédagogique.