(VIDEO) Haute-Savoie : l’ancienne gendarmerie de Seynod va accueillir des sans-abris

Le nouveau plan hiver entre en vigueur le 1er novembre 2019 et s’étendra jusqu’au 31 mars 2020. Un dispositif complexe mais essentiel dont voici les grandes lignes dans le bassin annécien.

Comment ça marche ?

Le 115 est au cœur du dispositif. Ce numéro de téléphone gratuit est destiné aux personnes rencontrant des difficultés sociales (absence ou perte de logement, violences conjugales…) ou en situation de détresse dans la rue. Ce service propose aux sans-abris seuls ou aux familles un hébergement ponctuel et de courte durée. En Haute-Savoie, il est géré par la Croix rouge française.

Les appels sont pris en charge par une cellule de quatorze salariés, dont six écoutants, basée au Sdis 74 à Meythet, sur le même plateau téléphonique que les pompiers. Chaque année, il traite entre 40 000 et 50 000 appels, dont 30 000 à 40 000 demandes d’hébergement, et héberge près de 2 000 personnes différentes en les orientant vers les centres d’hébergement d’urgence en fonction des places. En parallèle, des maraudes quotidiennes sont organisées après des SDF. A Annecy, elles sont assurées par les bénévoles de l’Ordre de Malte.

Qui est accueilli ?

Différents publics sont accueillis en centres d’hébergement d’urgence. « Il y a des SDF classiques, on en a encore, sans ressources ou au comportement erratique, avec des addictions (drogue, alcool…) », explique le préfet de la Haute-Savoie, Pierre Lambert. Mais ils sont loin d’être les seuls. On trouve également « des femmes seules, elles sont en hausse, victimes de violences ; des jeunes à la rue en situation de grande précarité et qui peuvent tomber dans des addictions ; et un nombre grandissant de populations étrangères ».

Combien y a-t-il de places ?

Il existe une offre d’hébergement permanente en Haute-Savoie, qui s’amplifie durant la période hivernale. Elle va ainsi passer de 615 places à l’année à plus de 911, dont 527 places dans le bassin annécien. « Ce dispositif est monté en puissance depuis trois ans, en nombre et en qualité. Il est plus complet et il évolue », souligne Pierre Lambert. Entre 2016 et 2019, le nombre d’hébergements d’urgence permanents a presque quadruplé. « On a pérennisé des places. »

Le principal défi reste de trouver des places complémentaires dans une région où les locaux vides ne sont pas légion. « On va là où il y a de la place disponible et où c’est prêt dans un délai rapide. » Pour l’hiver 2019-2020, pour la première fois, l’ancienne gendarmerie de Seynod (rue des Frênes) sera mobilisée avec 70 places, aux côtés du bâtiment de la rue des Ateliers (Seynod) et de l’Afpa de Poisy. 10 places pour des SDF avec chiens sont également recherchées dans le secteur d’Annecy-le-Vieux. « Tout n’est pas ouvert encore », confirme Pierre Lambert.

Est-ce assez ?

« On a à peu près satisfait toutes les demandes, dès lors qu’elles étaient exprimées et acceptées », assure le représentant de l’Etat en dressant le bilan de l’hiver dernier. « Ça ne veut pas dire qu’on a 100 % de satisfaction à un l’instant T, mais personne ne doit être à la rue contre son gré. »

Le préfet rappelle qu’il a d’autres moyens d’intervention en cas de grand froid. « On peut prévoir encore des places. On est montés jusqu’à 1 000 l’année dernière. S’il fallait réquisitionner un gymnase ou une école, je le ferais. » Le but étant « que personne ne meurt à la rue ».

Pour les associations, ce dispositif est insuffisant

Le collectif «Un toit pour tous 74», qui regroupe une vingtaine d’organisations, a manifesté, samedi 19 octobre, devant la gare d’Annecy pour demander de meilleures conditions d’accueil des migrants et de tous les sans-abris. D’après lui, en Haute-Savoie, «  plus de 300 personnes (hommes, femmes, enfants en famille ou isolés) dorment dehors et rencontrent des difficultés d’accès aux droits fondamentaux ». Pour Christian Chauvet, le système d’hébergement actuel est insuffisant. « Les places pérennes sont insuffisantes. On en voudrait 1 000 à l’année », indique président de la Ligue des Droits de l’Homme d’Annecy, qui fait partie du collectif. Ce dernier réclame notamment un centre d’accueil ouvert la nuit et qui soit indépendant du dispositif du 115. « Quelqu’un qui arrive, le temps qu’il se fasse enregistrer, il va rester dehors. Il ne va pas tout de suite être pris en compte par le 115. » Le collectif a rencontré à ce sujet le préfet mardi 22 octobre.