Genève: Roger Federer de A à Z

Son bébé a dorénavant trois ans. La Laver Cup troisième du nom se tient au Palexpo, à Genève et pour Roger Federer, qui affronte samedi 21 septembre Nick Kyrgios, c’est la première fois qu’il peut la proposer sur le sol suisse, après Prague et Chicago. Voyage dans la galaxie Federer de A à Z…

A comme ATHLETE. Roger Federer vient d’avoir 38 ans mais lévite toujours sur les courts, capable de remporter encore des tournois (Dubaï, Miami, Halle en 2019) et de jouer la gagne en Grand Chelem. Son secret ? La préparation qui lui confère un jeu de jambes inégalé, le tout façonné par un Français, et oui, Pierre Paganini, qui suit le Suisse depuis 1994 !

B comme BÂLE. Forcément. Le roi de la petite balle jaune a grandi à… Bâle, en Suisse. Chaque année, il revient sur ses terres en seigneur. Double tenant du titre, il a remporté le tournoi de sa ville neuf fois au total et est un supporter invétéré du FC Bâle en football.

C comme CARTER. Petit génie du tennis annoncé très jeune comme une future star, Roger Federer doit beaucoup à un homme, Peter Carter, ami et mentor du joueur jusqu’à sa mort tragique en 2002, dans un accident de 4x4, au cours d’un safari. Carter a formé Federer dès ses dix ans et a donc une grande part dans le style chatoyant de « RF », le joueur le plus classe du monde. Récemment, Roger Federer avait fondu en larmes à l’évocation de l’Australien, signe qu’il aura toujours une place spéciale dans son cœur.

D comme DUBAÏ. C’est à Dubaï, le 2 mars dernier, que Roger Federer a encore un peu plus marqué l’histoire de son sport en remportant son 100e titre sur le circuit professionnel. C’est le deuxième joueur à franchir cette barre mythique (il est à 101 depuis son succès à Halle) derrière Jimmy Connors, recordman absolu avec 109 titres. Dubaï est aussi un pied-à-terre pour Federer. Il s’y prépare notamment chaque hiver en vue des nouvelles saisons.

E comme ENTREPRENEUR. Roger Federer a su faire fructifier son immense notoriété pour créer sa propre marque « RF », en plus d’avoir noué des partenariats avec des marques très prestigieuses. Début 2017, il a dépassé les 100 millions de gains en carrière. Selon un récent classement de Forbes , il se classe 5e sportif le mieux payé au monde, et 1er lorsque l’on prend en compte uniquement les revenus liés au sponsoring.

F comme FINALES. Roger Federer est un homme de records on l’a dit. Au-delà de ses 20 titres en Grand Chelem (record absolu), le Bâlois détient le record du nombre de finales en majeurs (31 dont 10 de suite jusqu’à l’open d’Australie 2008), de demi-finales (45, dont 23 d’affilée jusqu’à Roland-Garros 2010) ou encore de quarts de finale (56, dont 36 de rang jusqu’à Wimbledon 2013).

G comme GUILLAUME. Ce prénom est un sacré souvenir pour l’icône du tennis. C’est face au Français, Guillaume Raoux, à Toulouse, le 30 septembre 1998, que « RF » a remporté son premier match sur le circuit professionnel. A l’heure actuelle, il en est à 1 198 victoires (81, 8 % de succès) sur l’ensemble de sa carrière.

H comme HUIT. Le chiffre 8 est spécial pour Roger Federer. Il a 38 ans, est né le 8/08/1981 et a joué son premier match pro en 1998.

I comme INTERNATIONAL. Roger Federer est un citoyen du monde, un vrai, né d’un père suisse et d’une mère sud-africaine. En plus du suisse allemand (et de l’allemand), le polyglotte parle l’anglais et le français à la « peRFection ». Il a également des notions en italien, espagnol ou plus étonnant en suédois après avoir été entraîné par le Suédois Peter Lundgren.

J comme JUMEAUX. Roger Federer a eu 4 enfants : deux jumelles en juillet 2009, Charlene et Myla, et deux jumeaux en mai 2014, Leo et Lenny.

K comme KOMM JETZT. « Komm Jetzt », « Come On ». Roger le polyglotte s’encourage aussi dans plusieurs langues avec ces équivalents de « Allez ». Sur les points importants, ce cri peut devenir guttural. Va-t-il le ressortir en ce week-end de Laver Cup ?

L comme LARMES. Roger Federer est connu pour son émotivité. On a parlé de ses larmes à l’évocation de Peter Carter, son mentor. Adolescent, Roger Federer se révélait très colérique sur les courts et cassait des raquettes, chose qu’il ne fait plus depuis son arrivée au sommet du tennis mondial. Sa défaite dans son jardin à Wimbledon face à Nadal en 2008 l’avait laissé inconsolable

M comme MIRKA. Miroslava Vavrinec, dit Mirka, est la femme de Roger Federer, mais aussi son manager. Ils se sont rencontrés aux Jeux olympiques de Sydney en 2000 alors que Mirka était également joueuse de tennis. Soutien indéfectible en tribunes, Mirka a déjà défrayé la chronique en s’en prenant à Stan Wawrinka , lui lançant notamment le célèbre « Cry baby ».

N comme Nadal. Roger Federer est à 20 Grand Chelem un record et Rafael Nadal à 19 après son succès à New York récemment. Leur rivalité est tellement culte qu’elle a un doux nom : « Fedal ». 40 « Fedal » ont déjà été joués, dont 24 finales et 9 en Grand Chelem, un record. Certaines font partie des plus belles de l’histoire comme la finale de Wimbledon 2008 ou celle de l’Open d’Australie 2017 pour son cinquième set. La Laver Cup permet aussi d’assister à des moments incroyables comme de voir Federer et Nadal s’associer en double .

O comme OPERATION. L’inoxydable Federer n’a jamais abandonné durant un match même s’il lui est arrivé bien sûr de déclarer forfait avant une rencontre. Il n’avait aussi jamais subi d’intervention chirurgicale avant celle de février 2016. Il s’était blessé au genou en donnant le bain à ses filles !

P comme PARIS. En 2009, Roger Federer a enfin accroché Roland-Garros à son palmarès, complétant sa collection de Grand Chelem sur toutes les surfaces. On se souvient aussi de ses confidences alors qu’il s’apprêtait à gagner enfin Roland-Garros en 2009. Il avait déjà les larmes aux yeux en servant pour le match et l’histoire face à Robin Soderling.

Q comme QUATRE. Avant leur match ce samedi 21 septembre lors de la deuxième journée de la Laver Cup, Roger Federer mène de quatre rencontres face au fantasque Australien Nick Kyrgios (5-1). Ce bilan évoluera forcément aujourd’hui puisque, si la Laver Cup ne rapporte pas de points au classement, ses oppositions sont comptabilisées par l’ATP dans les face-à-face entre les joueurs.

R comme RETRAITE. A 38 ans, la question de la retraite du maestro se pose de plus en plus. Mais Roger Federer n’a toujours rien annoncé ni arrêté même si beaucoup imaginent qu’il se retirera après les Jeux olympiques de 2020. Pour l’heure, son programme court jusqu’à Wimbledon 2020 juste avant les JO. Son amour pour le tennis et sa volonté de conserver le record de titres en Grand Chelem voire d’aller aussi chercher les 109 titres de Connors pourrait bien le pousser à continuer, lui qui a retrouvé la santé et sait, mieux que personne, planifier ses saisons.

S comme SAMPRAS. Que faisiez-vous le 3 juillet 2001 ? Roger Federer, lui, battait son idole, Pete Sampras, en huitième de finale de Wimbledon, tournoi que l’Américain venait de remporter quatre fois de suite. Son match est souvent analysé comme un tournant dans la carrière du Suisse même s’il devra attendre Wimbledon 2003 pour gagner son premier tournoi en Grand Chelem.

T comme TENNIS. Roger Federer incarne tellement le tennis que l’on a du mal à s’imaginer ce sport sans son plus beau représentant. Et pourtant, il faudra bien s’y résoudre un jour ou l’autre. «   Rodge   » a confié qu’il «  aime trop ce jeu pour en rester éloigné trop longtemps. Ça ne me déplairait pas de m’asseoir en tribunes, de regarder des matches n’ayant aucun impact sur moi, juste comme un fan (…) A la télé, je pourrais en regarder des tonnes. » Ce qu’il fait déjà, fou amoureux qu’il est de son sport.

U comme UNIQUE. Unique par sa gestuelle si bien que Dimitrov alias « Baby Fed » n’a jamais supporté la comparaison et pas eu la carrière qu’on lui promettait. Unique par sa régularité au plus haut niveau et ses records trop nombreux pour être énumérés. Unique par sa propension à jouer sur sa ligne en demi-volée. Unique aussi par sa capacité à créer. Il a ainsi un coup à son nom, le «   sabr   » ou «   snack attack by Roger   » (soit « Attaque furtive par Roger » littéralement). Unique on vous a dit. Et même Nadal l’a répété lors du gala en amont de la Laver Cup jeudi soir. « C’est probablement mon plus grand rival, il est unique… »

V comme VINGT. Avec ses 20 Grand Chelem, il est le recordman absolu des victoires en Grand chelem, ce qui lui vaut le surnom de « The Goat » (pour « Greatest Of All Time »), le meilleur de tous les temps. Le premier en 2003, le vingtième (on n’a pas écrit le dernier) en 2018, soit une longévité exceptionnelle et une résilience hors du commun pour ne pas s’arrêter à 17 en 2012. Il n’en regagnera un qu’en 2017, 4 ans et demi plus tard, avant d’en glaner deux autres depuis et de passer tout près du 21e cette année à Wimbledon face à Novak Djokovic.

W comme WIMBLEDON. C’est LE tournoi qu’il le faisait rêver enfant. Celui qui a fait de lui sa majesté Federer. Celui où il a ouvert son palmarès en Grand chelem face à Mark Philippoussis en 2003. Celui où il détient le record du nombre de titres (huit) devant Björn Borg, son capitaine en Laver Cup. Celui où voir jouer Roger Federer tout de blanc vêtu relève de la procession.

X comme FACTEUR X. Plus grand monde ne le pensait capable de regagner en Grand Chelem après son opération en 2016 et il en a regagné un en débreakant au cinquième set de la finale de l’Open d’Australie 2017. Il a su inverser la tendance face à son meilleur ennemi Nadal qu’il n’avait pas battu durant deux ans, en 2013 et 2014 (7-1 lors des 8 derniers face-à-face). Facteur X aussi parce qu’il a mis fin à l’invincibilité de Djokovic lors de son année folle. En 2011, le Serbe était invaincu avant de subir la loi du Maestro en demi-finale à Roland-Garros pour ce qui restera comme un monument de ce jeu (7-6, 6-3, 3-6, 7-6).

Y comme YOUTUBE. Roger Federer est le joueur Youtube par excellence. Au foot ce sont souvent des joueurs qui régalent techniquement mais sans efficacité ni intelligence collective. « RF » lui est le maître des «hot shots» mais sait y ajouter l’instinct du champion sur les points importants pour demeurer le « Goat » devant deux autres monstres sacrés du tennis.

Z comme ZEBRE. Il faut se méfier d’un Federer zébré. Après six mois sans jouer, il se présente à l’open d’Australie 2017 avec une tenue zébrée, concoctée par son équipementier d’alors. C’est avec ce maillot qu’il va « zébrer » le ciel de Melbourne pour signer un come-back fracassant. Au rayon chiffon passé à la postérité, son maillot zébré restera cependant toujours derrière le fameux short à carreaux de son compatriote Stan Wawrinka lors de sa victoire à Roland-Garros, en 2015.