Ferney-Voltaire: les commerçants du Centre d’Aumard excédés par les incivilités

Le centre commercial regroupe plusieurs activités.
Le centre commercial regroupe plusieurs activités.

Le centre d’Aumard, situé en plein centre de Ferney-Voltaire regroupe diverses activités : commerces, restaurants, médecins ou encore une école. Au rez-de-chaussée le bâtiment forme un carrefour avec quatre entrées et autant de sorties.

En son centre, ouvert sur l’extérieur, un coin de verdure y est installé. Coin central où quelques jeunes se rejoignent régulièrement.

Depuis quelques mois, les commerçants doivent faire face à des incivilités. « Régulièrement ils se retrouvent là en fin de journée ou la nuit, souligne une commerçante. Ils se livrent à toutes sortes de trafics, ils dealent, ils boivent de l’alcool… »

Une situation qui crée un sentiment d’insécurité. « Parfois, on ne se sent pas en sécurité. Si ça dégénère qui va intervenir ? Les policiers ou gendarmes passent de temps en temps mais ce n’est pas suffisant », souligne un autre commerçant.

Le chiffre d’affaires de certains commerces a quelque peu chuté. « On a des clients qui nous disent avoir peur de venir à certaines heures. Ce n’est pas normal. »

« On le ressent sur notre clientèle. Plus personne ne veut emprunter les allées du centre ou ils les évitent. Ceux qui ont des entrées à l’extérieur ont encore un avantage. »

Une commerçante nous explique également que le centre se retrouve parfois dans un état déplorable après leur passage. « Je ne vous parle même pas de l’état où on découvre les allées du centre commercial certains matins. C’est sale… il y en a partout. »

Les commerçants ne se sentent pas soutenus. « On ne peut pas toujours faire la loi en dehors de notre commerce. Ce n’est pas notre rôle. On a l’impression que l’on n’est pas entendu. »

Une commerçante nous confie même : « Si je trouve un local ailleurs, je crois que je n’hésiterais pas à partir. »

Si toutefois les commerçants sont excédés, de nouvelles enseignes sont tout de même venues s’installer dans les locaux.

«Je le répète, il n’y a pas de zonesde non-droit à Ferney-Voltaire»

Le maire de la commune, Daniel Raphoz, travaille avec la gendarmerie et la police municipale. « On retrouve une délinquance qui s’installe en un trafic petit ou moyen. Quand vous chassez d’un côté, ça se disperse pendant un temps et ça se regroupe ailleurs. La difficulté que nous avons ici, c’est qu’il y a la liberté de circulation, liberté de se réunir et surtout on se retrouve dans un secteur privé. Il y a de la circulation autour et à l’intérieur. Ces trafics, que nous avons repérés depuis longtemps, ont peu à peu pris place aux yeux de tout le monde. Toutefois, il ne faut pas généraliser, on a un problème avec une poignée de personnes, qui d’ailleurs ne sont pas spécifiquement de Ferney. »

Le maire a donc renforcé sa police municipale. « Nous avons un nouveau chef et un nouvel agent. Nous mettons en place la vidéo protection pour voir ce qu’il se passe à l’extérieur. J’ai demandé à la copropriété d’installer de la vidéo protection, ils sont d’accord en interne. On a mis en place avec notre police des rondes à des heures différentes, la gendarmerie fait de même. »

La principale crainte du maire est la cible de ces trafics. « Il y a divers points de restauration qui attirent collégiens et lycéens. Ce sont des cibles, le but étant d’éviter que ces gamins ne tombent là-dedans. Je le répète, il n’y a pas zones de non-droit à Ferney-Voltaire. Je ferai tout ce que j’ai à faire dans le cadre de la loi pour protéger une population qui est fragile. Parce que je le dis, ce sont des vendeurs de mort. Derrière, ça amène des familles au désastre. Je suis responsable, donc il n’y aura pas de cadeau de ma part, aucun. Ferney ce n’est pas la banlieue, c’est une ville où il fait bon vivre et on n’accepte pas ça. Chacun doit se respecter, il n’y aura pas de laxisme. La présence des forces de l’ordre est nécessaire. »