Forces industrielles des Pays de Savoie : une super-structure pour fédérer nos entreprises

Forces industrielles des Pays de Savoie : une super-structure pour fédérer nos entreprises

Depuis le mois de septembre 2022, 15 industriels ont décidé de s’unir en créant l’association Les Forces industrielles des Pays de Savoie (Fips). Cette nouvelle structure a pour objectif de fédérer les industriels des deux Savoie afin qu’ils travaillent ensemble sur des enjeux stratégiques clefs pour l’avenir. Grégory Challamel, porte-parole des Fips et directeur de Bosch Marignier, nous en dit plus.

La création des Fips est-elle liée à la disparition du pôle de compétitivité Mont-Blanc Industrie ?

Il ne faut pas lier les deux. D’un côté, il y a le pôle Mont-Blanc industrie (MBI) qui s’arrête, c’est regrettable, et c’est vrai que ça a laissé un manque. Et de l’autre, il y a les Fips. Les deux sont très éloignés sous plusieurs aspects. Le premier, c’est que les Fips, ce n’est pas un pôle de compétitivité. Ensuite il y a le territoire, si MBI était plutôt Vallée de l’Arve et un peu bassin annécien, nous sommes sur le territoire plus vaste des deux Savoie. Autre grande différence, c’est la notion de transfilière. Nous ne nous concentrons pas seulement sur l’industrie mécanique, mais avons la volonté de regrouper des acteurs industriels de la pharma, du bois, du sport, de la mécanique, de l’agroalimentaire, et bien d’autres. Nous avons vraiment cette volonté de travailler ensemble parce que nous avons des problématiques communes, et les solutions mises en place dans chacun de ces secteurs ne sont pas forcément les mêmes. Donc partager ces solutions permet d’avancer plus vite. Tout le monde gagne à penser de façon beaucoup plus collective. Une autre différence majeure avec MBI, c’est le financement. On est autonome financièrement, on ne dépend pas de subventions publiques et la gouvernance et collégiale, nous la partageons à 15, et nous n’avons pas de directeur. On ne peut pas prôner la sortie des structures hiérarchiques pyramidales pour les entreprises, si on ne l’applique pas à notre association.

Quels sont les grands axes de travail des Fips ?

Les 15 entreprises fondatrices se sont rassemblées en sachant qu’aujourd’hui les enjeux de l’industrie sont économiques bien sûr, mais aussi, et ça dépasse largement le monde de l’entreprise, environnementaux et sociétaux. On s’est dit que si chacun reste dans son coin, eh bien chacun galère dans son coin sans profiter des expériences des autres. On s’est rencontré régulièrement depuis avril et on a créé l’association en septembre. Les grands axes de travail, qu’on appelle entre nous les Das, pour Domaines d’activité stratégiques, sont au nombre de 4 : le business, les ressources, l’humain et les frontières.

Pourriez-vous nous donner un exemple concret d’actions à mener ?

Un des enjeux du territoire, c’est qu’on est des sous-traitants et qu’on dépend des autres. En Haute-Savoie, et surtout dans la vallée de l’Arve, on livre très peu de produits propres. Ici, l’action à mener, c’est de trouver comment, au travers de cette intelligence collective, on arrive à augmenter le nombre de produits finis, produits sur notre territoire. Quand on fait ça, on est beaucoup moins dépendants, on passe de l’innovation de procédé, où on est déjà performant, à l’innovation produit. Quand on regarde les acteurs économiques du territoire, on se rend compte qu’on a tous les métiers pour le faire.

Le fil directeur des Fips, c’est la pensée collective. Autre exemple d’action qu’on pourrait mettre en œuvre : vous avez la même machine dans deux usines différentes situées à 2 km l’une de l’autre. Il y en a une qui tourne à fond tout le temps, il y aurait besoin d’en avoir deux, ça crée des retards, ça coûte de l’argent et à côté, il y a la même machine qui tourne peu parce que ce n’est pas une période chargée. Il y aurait peut-être une mutualisation des moyens à penser. Si le chacun de son côté est un peu la pensée historique du territoire, je pense qu’on a beaucoup plus à gagner en mutualisant nos forces. Ce n’est pas entre nous qu’il faut se battre, la concurrence est ailleurs. Il y a tant de choses à faire.

«L’importance de se retrouver»

Pour Grégory Challamel, porte-parole des Fips et directeur de Bosh Marignier, les Fips sont aussi nées du besoin des industriels de renouer le lien quelque peu rompu par la crise sanitaire. « Après les années covid, on avait besoin de se retrouver. Les Fips portent aussi dans leurs valeurs la convivialité, l’importance de se retrouver, de créer du lien entre les personnes ».