Morzine : au parking des Prodains, les barrières restent ouvertes, les abonnés dénoncent «un scandale»

Les barrières qui séparent les places des abonnés de saison des autres véhicules sur le parking des Prodains sont régulièrement relevées.
Les barrières qui séparent les places des abonnés de saison des autres véhicules sur le parking des Prodains sont régulièrement relevées.

Pour se rendre à son appartement à Avoriaz, Clémence* se gare habituellement au parking des Prodains, à Morzine. Pour cela, elle paye 425 euros, uniquement pour la saison d’hiver. Mais, depuis le début du mois de décembre, les barrières qui séparent les places des abonnés de saison, et les places des abonnés journaliers, restent régulièrement levées. Conséquence : tout le monde s’y gare à tort et à travers, et Clémence n’a plus accès au parking.

Pas de solution

« C’est l’anarchie totale », dénonce-t-elle. Désormais, pour aller chez elle, elle doit « arriver le soir, après 19 heures quand tout le monde a fini de boire un verre et commence à partir. Typiquement, si je veux y aller en début de matinée, tous les skieurs seront arrivés et ce ne sera plus possible de se garer. Pendant les vacances de Noël, la seule solution qu’ils avaient trouvée, c’était de mettre les agents de la police municipale en bas, au rond-point à Morzine, d’interdire la montée aux véhicules, et de proposer des navettes », partage-t-elle, mécontente.

Et elle n’est pas la seule dans cet état d’esprit. Jean* paye lui aussi chaque année un abonnement, afin de se rendre dans la station piétonne. « Etant donné qu’il n’y avait pas de neige dans les basses stations, beaucoup de skieurs sont venus à Avoriaz, et ont donc stationné sur tout le parking des Prodains. Les personnes ayant des abonnements ne pouvaient plus y aller. Et cette situation dure depuis le début de saison », s’agace-t-il. « C’est honteux que l’on paye 425 euros pour stationner durant la saison et qu’il n’y ait pas de place. Quand on arrive et que c’est plein, on n’a pas de solution, alors on repart. Certains essayent de stationner un peu plus loin, à Morzine, mais ils reçoivent des amendes car il faut payer aussi la place là-bas. » D’autant que l’abonnement a augmenter de 18% en une année : il coûtait 360 euros en 2022. Couplé à ça, l’état du parking. Des usagers dénoncent qu’il soit « ni goudronné, ni éclairé et que lorsque la neige fond, il devient une gigantesque mare de boue », « par des températures douces ou de fin de saison, [le parking] offre des conditions déplorables (boues, trous et flaques d’eau) sans évacuation des eaux usées et sans revêtement digne d’un parking de ce prix », ainsi qu’un «  manque d’éclairage et de caméras empêchent une visualisation des dégradations faites de temps à autre sur nos véhicules ».

La colère monte chez les abonnés

Alors que la colère monte du côté des quelque 200 abonnés mensuels, certains contactent la Mairie pour tenter de comprendre la situation. « La personne en charge m’a simplement dit que le matériel était défectueux, et qu’ils n’avaient pas de solution pour l’instant, souffle Clémence. Je ne comprends pas trop, ils ont nos plaques d’immatriculation, ils ont toutes les infos nécessaires, il devrait quand même y avoir un moyen de gérer. »

Jean aussi a essayé de les contacter. « Ils m’ont dit que ça allait s’arranger, mais qu’ils ne savaient pas quand. » Sur les réseaux sociaux, les esprits s’échauffent. Certains abonnés dénoncent un « scandale », d’autres espèrent un remboursement. Quoi qu’il en soit, des réparations étaient en cours mardi 24 janvier, selon la Mairie.

*Prénoms d’emprunt

Un parking payant depuis 10 ans

En 2013, le maire de Morzine, Gérard Berger avait pris la décision de rendre payant le parking des Prodains. Jusque-là encore gratuit, il expliquait, dans nos colonnes, que cette mesure devait permettre aux skieurs de pouvoir se stationner, alors que le parking était très souvent complet avec les voitures des commerçants et résidents d’Avoriaz. Ces derniers avaient d’ailleurs lancé une pétition et organisé une manifestation sur place pour s’opposer à la mise en place d’abonnements.