Albertville : par peur de subir une agression, ils déscolarisent leurs deux plus jeunes enfants

Lapetite famille espère qu’une solution lui sera rapidement trouvée pour renouer avec la sérénité.
Lapetite famille espère qu’une solution lui sera rapidement trouvée pour renouer avec la sérénité.

C’était en 2017. A l’origine du conflit qui sépare deux familles, une broutille, un petit rien entre deux enfants qui s’envenime, enfle et explose. Pour avoir menacé Hanen et Mondher avec un sabre, un des voisins est condamné à 10 mois de prison dont 5 ferme .  «    J’avais pris ce sabre pour faire peur, pour défendre ma mère et mes sœurs, s’était-il justifié, pas pour faire du mal. J’habite un quartier où, si l’on montre sa faiblesse, on se fait marcher dessus ».

Un sentiment de peur

Depuis l’audience, la vie a repris son cours, pas les relations entre les deux familles, excessivement tendues... Hanen et Mondher évoquent les voitures cassées ou brûlées, l’huile devant la porte, les menaces : « Pour retrouver un semblant de sérénité, nous avons fait le nécessaire pour déménager. Comme nous avions refusé deux offres formulées par Val Savoie, une procédure d’expulsion a été engagée. Nous sommes donc partis dans le privé, pas très loin de La Contamine. Mais cet éloignement, déplore Hanen, n’a pas changé le fait que nous croisons régulièrement cet individu depuis qu’il est sorti de prison. Il nous menace, nous insulte, fait peur aux enfants, je ne peux plus aller les chercher ou les emmener sans avoir peur qu’il soit dans mon dos ». Le jugement induisait une interdiction de paraître à Albertville. De l’épais dossier dont dispose le couple, Mondher sort un courrier de son avocat rédigé au mois de juin dernier à l’attention du juge de l’application des peines. « Depuis plusieurs semaines, l’individu concerné ne cesse d’insulter Hannen Hamami, de la frapper et de la menacer de mort, il menace également de brûler sa voiture. Six balles provenant d’une arme à feu ont été tirées à l’encontre de la fenêtre de sa cuisine. Ma cliente a été amenée à porter plainte à de nombreuses reprises dans le passé. Cette situation est intolérable et ma cliente vit dans une angoisse constante ».

Pour fuir cette ambiance invivable, la petite famille a sollicité du maire qu’il leur accorde la possibilité de changer leurs deux enfants de l’école. Mais que ce soit pour Abdallah qui est en CM2 ou Nour en Grande section de maternelle, la dérogation leur a été refusée  : « Nous avons aussi essayé le privé, mais c’est complet ». Dans ces conditions, le enfants ne vont plus à l’école depuis 40 jours... Un crève-cœur pour Hanen et Mondher qui déplorent cette situation mais affirment la préférer à une agression.

La position du maire

Frédéric Burnier Framboret, assume la position de la mairie qui a été de refuser à la famille un changement d’école. « Comme dans beaucoup de dossier, invoque-t-il,rien n’est tout noir ou tout blanc ». Préférant ne pas s’aventurer davantage sur le conflit qui divise les deux familles, il admet que plusieurs plaintes ont effectivement été déposées par la maman « mais sans que la police n’ait trouvé matière à y donner suite ». Autrement dit, aucun élément ne permet à ce jour d’envisager un changement d’école selon lui. En tant que président de Val Savoie Habitat, il note avoir pris en compte la demande de la famille... « et si elle exprime le désir de réintégrer le parc locatif de Val Savoie, à condition qu’elle soit à jour de ses loyers, nous étudierons ce souhait avec la même bienveillance accordée à chacun, y compris pour Venthon ». Une main tendue, mais pas à n’importe quel prix...