Rumilly : deux bébés découverts morts dans un appartement, les voisins sous le choc

Les habitants de la Cité La Salle à Rumilly sont sous le choc, vendredi 6 janvier 2023, après la découverte des corps de deux bébés morts dans un appartement, le jour de l’An.

Selon les informations du Dauphiné libéré, la macabre découverte a été faite dimanche 1er janvier 2023 par les gendarmes après l’appel d’une mère de famille « en détresse psychologique », d’après le quotidien.

Un scellé sur la porte

L’affaire a donné lieu à un important déploiement d’enquêteurs et pompiers ce jour-là au nº12 d’un ensemble de bâtiments abritant des logements sociaux, sous les yeux des voisins. Notamment ceux de Jean-Marc, le voisin du rez-de-chaussée, qui a « vu les pompiers, tout ça, la gendarmerie, la criminelle, la morgue. La criminelle était passée chez moi pour avoir plus d’explications, si je connaissais les gens. »

Présent depuis 10 ans dans l’immeuble il décrit « une jolie femme, brune, avec deux enfants, pas d’histoires. Avec lui [le conjoint, NDLR] je fumais ma cigarette souvent là, sur les escaliers. On parlait de tout et de rien », nous a-t-il raconté, en jugeant cette affaire « triste ».

Un scellé est encore apposé aujourd’hui sur la porte de l’appartement au 4e étage où vivait cette famille, un couple et deux enfants qui seraient âgés de 18 mois et 3 ans. Il ne s’agit pas de ceux découverts sans vie, qui étaient dans un état squelettique et momifié, d’après le Dauphiné libéré.

« On ne peut pas garder des bébés comme ça chez soi »

Le sujet bouleverse les voisins rencontrés vendredi. Alexia, qui promène son bébé de deux mois dans une poussette, fait part de son « horreur » et sa « stupéfaction ». « On ne peut pas garder des bébés comme ça chez soi et au bout de deux ans se réveiller en se disant qu’on a deux bébés chez soi morts », témoigne-t-elle. « Pour moi, ce n’est pas possible. Surtout qu’elle avait deux enfants encore chez elle. » Elle estime que la mère doit être jugée.

Chez les voisins de l’immeuble du nº12, l’incompréhension est grande. «  Je n’étais pas là au Nouvel An, mais je les ai vus une semaine avant. Ils ont fait une sortie en famille, ils étaient tous les quatre dans l’ascenseur. Ça n’était pas des voisins alarmants », témoigne une habitante, souhaitant garder l’anonymat.

« On ne l’a jamais vue avec les autres enfants »

Une autre voisine remonte l’arrivée de cette famille à il y a trois ans et se souvient que la mère avait été accompagnée par la Croix-Rouge au moment de son emménagement. « Quand elle est venue s’installer ici, elle était enceinte de la fille. Elle a accouché de la fille, on l’a vue grandir. Un an après, elle a eu le garçon, mais on ne l’a jamais vue avec les autres enfants [ceux retrouvés morts]. »

D’après leurs deux récits, la mère de famille ne travaillerait pas et aurait confié : « Mon mari n’aime pas trop que je parle aux gens ». Lui serait d’origine tunisienne, d’après elles. D’autres habitants de la Cité la Salle se demandent d’ailleurs s’il n’est pas retourné dans ce pays. Le couple ne prêtait à aucune suspicion : « Elle n’a pas l’air dérangée. Ni elle, ni lui. »

« Il y avait souvent des disputes »

Toutefois l’une de ces habitantes se souvient que la famille en question a eu « des différends avec sa voisine du bas », liés aux nuisances sonores dans l’appartement au centre de l’affaire. « Il y avait souvent des disputes. (…) Ils se lançaient des objets, elle [la voisine du dessous] entendait des choses. C’était très violent. Ils se tapaient dessus. »

De nombreuses questions tourmentent aujourd’hui ces habitantes : qui sont ces enfants, que leur est-il arrivé, et comment ont-ils pu passer sous les radars des services sociaux ? « On est choqués. On n’arrive pas à y croire. On ne mange pas. On ne dort pas », s’émeut l’une d’elle.

Alors que l’affaire suscite une vive émotion, les médias nationaux arpentent le quartier, vendredi, pour recueillir les témoignages des riverains. Le parquet d’Annecy n’a pas encore communiqué sur les investigations en cours et pourrait le faire dans la journée.