Objectifs, participants, dates : ce qu’il faut savoir sur la COP27 qui s’ouvre en Égypte

La COP27 vise à établir des actions à mener conjointement à l’échelle mondiale pour lutter contre le dérèglement climatique.
La COP27 vise à établir des actions à mener conjointement à l’échelle mondiale pour lutter contre le dérèglement climatique. - Photo d’illustration (Unsplash)

Alors que les conséquences du changement climatique se font de plus en plus ressentir, la quasi-totalité des pays de la planète se réuniront à partir du 6 novembre lors du 27e sommet mondial sur le climat, plus connu sous le nom de « COP », à Charm el-Cheikh, en Égypte. La sécheresse, les vagues de chaleur, la fonte des glaciers, mais aussi la crise énergétique et le financement des pays en développement seront au cœur des débats de cette COP27.

C’est quoi la COP ?

Depuis 1994, l’Organisation des nations unies (ONU) réunit chaque année presque tous les pays de la planète pour des sommets mondiaux sur le climat ou «  COP  », qui signifie «  Conférence des Parties  ». Cette décision de réunir les États de la planète pour débattre sur le climat fait suite à la signature de la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC) lors Sommet de la Terre à Rio de Janeiro, au Brésil, en 1992. Dans ce traité, les États signataires se sont fixés comme objectif de «  stabiliser les concentrations de gaz à effet de serre dans l’atmosphère pour empêcher toute interférence dangereuse de l’activité humaine sur le système climatique.  »

L’Accord de Paris qui vise à limiter le réchauffement climatique à 2ºC est par exemple issu de la COP21.

Les objectifs principaux de la COP27

– Réduire les émissions de gaz à effet de serre (GES) pour limiter le réchauffement climatique à 2ºC d’augmentation.

– S’adapter au changement climatique et venir en aide aux nations les plus impactées.

– Fournir un apport financier suffisant aux pays en développement, les plus touchés par le changement climatique. Lors de la COP15 à Copenhague en 2009, les pays développés s’étaient engagés à fournir 100 milliards de dollars par an aux pays pauvres. Un montant qui n’a pas encore été atteint à ce jour. D’autant que dans un rapport publié ce jeudi, le Programme des Nations unies pour l’environnement considère que « les flux financiers internationaux destinés à l’adaptation des pays en développement sont 5 à 10 fois inférieurs aux besoins estimés et l’écart se creuse. »

Outre ces objectifs, la question des « pertes et dommages » sera probablement amenée sur la table. Les « pertes et dommages » sont les compensations financièrement accordées aux pays en développement par les pays développés pour les dégâts causés par l’augmentation des GES.

Coca-cola, un sponsor en plastique

Considéré comme le plus grand responsable de la pollution plastique par l’ONG Break Free From Plastic (BFFP) en 2021, Coca Cola produirait 3 millions de tonnes par an de plastique, soit 108 milliards de bouteilles, selon la fondation Ellen MacArthur. Ces plastiques sont par ailleurs issus de combustibles fossiles à 99 %. Rien d’étonnant à ce que des associations comme BFFP ou Green Peace s’insurgent de ce partenariat, à l’opposé des ambitions de la COP. De son côté, la marque américaine assure vouloir participer à la lutte contre le réchauffement climatique : «   la COP27 nous donne l’opportunité de travailler avec des experts, des organisations non lucratives, des industriels et les gouvernements pour encourager des actions qui rendront notre chaîne de valeur durable. »

D’autres sponsors reconnus comme étant de gros émetteurs de GES figurent dans la liste des partenaires comme Microsoft, IBM ou EgyptAir.

L’Égypte pointée du doigt

En parallèle, l’ONG Amnesty International rappelle dans un communiqué la crise humanitaire que traverse l’Égypte depuis que Abdel Fattah al-Sissi est arrivé au pouvoir. Lors du Conseil des droits de l’homme en mars 2021, 32 pays, incluant la France dénonçaient déjà les violations des droits humains en Égypte. Les libertés d’expression et d’opposition y sont notamment sévèrement réprimées, rapporte l’ONG dans un autre communiqué de septembre 2022 : «   au cours des seules deux dernières années, des dizaines de personnes sont mortes en prison après qu’on les a délibérément privées de soins de santé et détenues dans des conditions cruelles et inhumaines.   » Des défenseurs des droits humains, des journalistes, des étudiants, des opposants politiques, des commerçants et des manifestants sont particulièrement ciblés par le gouvernement égyptien. Actuellement, 22 journalistes restent emprisonnés en Égypte.

Qui sera présent, qui n’y sera pas ?

Quelque 90 chefs d’État sont attendus pour cette COP27, comme Emmanuel Macron, Olaf Scholz (le chancelier allemand), Giorgia Meloni (la Première ministre italienne), Rishi Sunak (le Premier ministre britannique) ou encore Joe Biden (le président des États-Unis). Des représentants, des dirigeants, des ONG, des entreprises, des scientifiques de plus de 190 pays seront également présents.

Parmi les personnes qui ne seront pas à la COP27, on peut noter l’absence du président chinois Xi Jinping, du roi Charles III et de l’activiste Great Thunberg. Cette dernière remet notamment en question le sérieux et l’efficacité d’un tel sommet : « ceux qui détiennent le pouvoir n’ont pas besoin de conférences, de traités ou d’accords pour entreprendre des actions climatiques concrètes », déclarait-elle sur Twitter en novembre 2021.