A Sciez, 30 ans de solidarité avec deux villages péruviens

Pascal Vuattoux (casquette bleue et chemise à carreaux) avec des membres de K'Antuta et l'équipe de la radio de Checacupe.
Pascal Vuattoux (casquette bleue et chemise à carreaux) avec des membres de K'Antuta et l'équipe de la radio de Checacupe.

Macusani et de Checacupe, deux villages perdus dans les Andes péruviennes. Ils sont le point de départ de l’association K’Antuta, créée en 1992 par un groupe d’amis du Père Bernard Majournal. Ce prêtre, originaire de Sciez, part en 1978 au Pérou pour exercer en tant que Fidei Donum (envoyé en mission mais restant rattaché à son diocèse). Il y restera jusqu’en 2009 après avoir installé deux radios communautaires, permettant ainsi aux villages isolés de pouvoir communiquer entre eux et de recevoir des informations indispensables à l’amélioration du quotidien. Il s’attachera aussi à l’éducation, notamment celle des filles, de la maternelle jusqu’au lycée et même au-delà.

Un foyer de l’enfance à 4400 mètres d’altitude

Pour poursuivre l’œuvre du prêtre décédé en 2010, l’association K’Antuta, basée à Sciez, est épaulée dans ses tâches par deux antennes : K’Antuta en vallée verte et Nuevo Canchis Gavot, sur le plateau de Gavot. Ces trois entités, qui regroupent environ 120 adhérents, soutiennent les projets initiés par le père Bernard Majournal. Ils sont aujourd’hui portés par des équipes péruviennes sur place. Ainsi, à Macusani, à 4 400 mètres d’altitude, le foyer de l’enfance Mosoq Runa, accueille une vingtaine de fillettes, du primaire à la fin du lycée. Et même au-delà pour celles qui souhaitent intégrer un cursus universitaire. Leurs études sont prises en charge par l’association, essentiellement grâce à des dons et des parrainages. « Un projet de rénovation des bâtiments est en cours, pour lequel nous recherchons d’ores et déjà des financements », annonce Pascal Vuattoux, président de K’Antuta.

Des radios communautaires pour garder le lien

Pascal Vuattoux avec le responsable des projets à Macusani.
Pascal Vuattoux avec le responsable des projets à Macusani.

Dans ces contrées isolées, il n’y a ni journaux ni télévision et encore moins d’accès internet. Mais il y a la radio, ou plutôt les radios communautaires. A Macusani, c’est la Voz de Allinccapac qui émet sur une zone aussi vaste que la Haute-Savoie, tandis qu’à Chacacupe on écoute la station Bernardo, nom donné en hommage au prêtre qui a initié les projets. Ainsi, ces radios, qui émettent en espagnol et en quechua, la langue des Incas, maintiennent les liens entre les populations locales, mineurs, éleveurs d’alpagas, et paysans. Elles ont pour mission d’informer et de contribuer à l’éducation populaire mais sont aussi le moyen pour le gouvernement et la police de diffuser des consignes et des actualités.

Des jardins familiaux

En raison de l’altitude, rien ne pousse à Macusani, mais à Chacacupe le climat favorise toutes les cultures. Le père y a créé des jardins familiaux, permettant aux populations locales de bénéficier d’une alimentation variée, composée de toutes sortes de légumes frais et biologiques, délaissant ainsi l’éternel maïs et la sempiternelle pomme de terre. Quand la récolte est bonne, le surplus est vendu au marché. «  Nous sommes très heureux de pouvoir maintenir ce qui a été mis en place par le père Bernard Majournal. Les projets de Checacupe sont soutenus financièrement par l’antenne de Canchis Gavot et les projets de Macusani par Sciez et la vallée Verte. Et le tout est supervisé par notre référent, Michel Portier, un Massongien qui vit là-bas avec son épouse péruvienne et leurs deux filles », conclut Pascal Vuattoux.

Concert et artisanat

Pour financer ses projets, l’association organise un concert-spectacle avec la participation de la chorale de Larringes, Atout Chœur, le dimanche 13 novembre à 17 heures au centre d’animations de Sciez (12 euros l’entrée). Bar et petite restauration sur place. Par ailleurs, elle participera au marché de Noël de Margencel les 26 et 27 novembre à la salle des fêtes. Elle proposera, à la vente, de l’artisanat du Pérou en provenance de coopératives locales ainsi que des vestes, bonnets et écharpes en laine d’alpaga.