Passy : le nouveau plan de circulation de Chedde à l’épreuve des habitants

La rue Allende, qui devait être livrée en janvier, sera terminée avec 2 mois d’avance.
La rue Allende, qui devait être livrée en janvier, sera terminée avec 2 mois d’avance.

La réunion publique du 25 octobre dernier avait pour objectif de présenter l’ensemble des projets réalisés, en cours et à venir, de la municipalité. L’occasion pour les habitants de donner leurs avis sur ces projets et de poser leurs questions aux élus. Dans une salle comble, les habitants avaient à cœur de parler des difficultés qu’ils rencontrent depuis que d’importants travaux de réfection de la rue Allende ont transformé le plan de circulation de Chedde.

« C’est dangereux ! »

« On sait que la rue de la Couttetaz va rester en sens unique, mais les gens roulent encore beaucoup trop vite, ne pourriez-vous pas mettre des chicanes pour que les gens ralentissent ?, lance une habitante de cette rue. Juste à côté, rue de la Freille, il y a maintenant beaucoup de trafic et il n’y a pas de trottoir alors que c’est un endroit, au bord de l’Ugine, ou beaucoup de gens se promènent, c’est dangereux ! », ajoute un riverain. Avec la fermeture à la circulation de la Grande rue Salvador-Allende, le temps des travaux, le report du trafic sur les rues de la Couttetaz et de la Freille, a bousculé la vie des riverains. « Il y a des camions 19 tonnes qui viennent livrer les Myrtilles (Ehpad situé dans la rue des Écureuils, au bout de la rue de la Freille ndlr) et le pont n’est pas dimensionné pour, il est limité à 3,5 tonnes. Il faut faire quelque chose ! », s’inquiète une habitante.

« Tant qu’on n’aura pas libéré Allende, on sera dans un flux dense »

Autant d’inquiétudes et de questionnements auxquels le maire, Raphaël Castera, tentait de répondre. « Pour la rue de la Freille, on va commencer par mettre une voie piétonne pour sécuriser le long de l’Ugine, on ne peut encore rien faire de définitif car le SM3A prévoit des travaux de curage du cours d’eau et un aménagement des berges. Pour ce qui est de redimensionner le pont, ça nécessiterait un gros budget mais il faut se dire que tant qu’on n’aura pas libéré Allende, on sera dans un flux dense. Les travaux seront terminés durant l’hiver, avec 2 mois d’avance. Quand l’accès sera rétabli, ça va tout changer ».

Avec la création d’une piste cyclable sur la Grande rue Allende, certains conflits d’usage sont soulevés par un habitant du chemin des Berguerand. « On est 5 propriétaires dans ce chemin, et à chaque fois qu’on sort du chemin, on frôle la catastrophe. Entre les vélos, les vélos électriques, les trottinettes électriques qui roulent très vite, on ne peut pas sortir, il faut bien qu’on s’engage à un moment donné, mais c’est dangereux, j’ai vu qu’à certains endroits il y avait des barrières, ne pourrait-on pas en mettre au bout de notre chemin ? ». Pour le maire, installer ce qu’on appelle une barrière trombone est une possibilité acceptable. « Bien sûr, on pourra améliorer, si on doit installer un trombone, on le fera ».

Une grande chaufferie au bois sur les rails

Raphaël Castera assure que la chaufferie au bois n’émettra que très peu de particules fines.

Alors que la question du coût de l’énergie devient de plus en plus centrale, le maire de Passy, Raphaël Castéra, a annoncé le projet de mettre en place une grande chaufferie au bois qui alimentera, dès sa mise en route, 21 bâtiments communaux ainsi que des logements appartenant à des bailleurs. Cette chaufferie sera alimentée par du bois déchiquetté issu de l’exploitation du bois local. Le but étant également de développer localement une filière bois. « Pour répondre à ceux qui vont m’attaquer sur la pollution de l’air, On va avoir un système de filtration à 10 microgrammes/m3 alors que la norme est à 30. On sait que la chaufferie émettra 60kg de CO2 par an, c’est moins qu’une seule cheminée à foyer ouvert ».

Commerçants en colère: «Vous faites tout pour que les clients ne viennent pas chez nous!»

La salle accueillant la réunion publique du 25 octobre à Chedde, affichait complet.

Parmi les habitants, de nombreux commerçants étaient présents pour faire entendre leurs difficultés quotidiennes, induites par les travaux. « Vous faites tout pour que les clients ne viennent pas chez nous !, s’insurge la propriétaire du magasin de chaussures, interpellant directement le maire, Raphaël Castera. La chute de chiffre d’affaires des deux commerces à côté de la gare, c’est de votre faute. Vous ne faites rien pour nous aider. Quand on vous a demandé de mettre un panneau dans la rue de la Freille, vous avez mis un mois à le faire. Les gens tournaient sans trouver comment venir jusqu’à nos commerces ». « Pour la chute du chiffre d’affaires, on a mis en place un système d’indemnisation, vous le savez », répond le maire.

« Y’en à marre ! »

« Oui, on a monté le dossier mais on n’a pas de nouvelles, au bout d’un moment y’en a marre ! », ajoute la commerçante. Il faut dire qu’entre les travaux de la Grande rue, et ceux à proximité de la gare, l’accès aux commerces du fond de Chedde est particulièrement compliqué en ce moment. Pour le maire, ce n’est toutefois pas une raison pour sous entendre que les commerçants sont abandonnés par la Ville. « Je ne peux pas vous laisser dire qu’on ne fait rien. Tous les travaux actuellement engagés à Chedde ont pour but de dynamiser le commerce et de créer un environnement plus agréable. Pour ce qui est des indemnisations, il est vrai qu’on a pris un cabinet spécialisé et que ça peu prendre un peu de temps, mais vous serez indemnisés. Maintenant que les travaux de la rue Salvador Allende sont presque terminés, je pense que chacun peut voir la différence ».

« C’est un peu le monde à l’envers »

Les habitants remarquaient également les mésusages sur la piste cyclable. « Les gens ne comprennent pas comment circuler, ou alors ils s’en fichent. Les vélos sont sur la route et les voitures sur la piste cyclable, c’est un peu le monde à l’envers !, lance une riveraine. Sans parler de ceux qui ne respectent pas le sens unique et prennent carrément le sens interdit. En plus ils roulent vite. Un jour il y aura un accident ». Pour sûr, il faudra un peu de temps pour que les habitants s’habituent à ce nouvel aménagement. Un riverain ajoute, « pour le stationnement, ça devient compliqué, il faudrait vraiment que tous les riverains garent leur voiture chez eux. Certains ont la flemme d’ouvrir leur portail et se garent dans la rue. Du coup les gens de passage ne peuvent plus se garer ». Et au maire de répondre, « on ne peut pas obliger les gens à se garer chez eux, c’est vrai que c’est embêtant. Mais on ne va quand même pas mettre le stationnement en payant ».