Ferney-Voltaire : Peter Loosli, l’homme de la conciliation franco-suisse

Adepte de la mobilité douce, Peter Loosli se déplace le plus souvent à vélo. Mais il défend également les piétons et le tram !
Adepte de la mobilité douce, Peter Loosli se déplace le plus souvent à vélo. Mais il défend également les piétons et le tram !

Peter Loosli est né en 1958 à Bâle. « Je suis donc frontalier de naissance, sourit-il, c’est sans doute pour ça que j’ai très tôt eu envie de m’ouvrir vers la France ! »

Une passion de la France et du français

S’ensuit un cursus scolaire dédié à la langue de Molière, qui conduira notre homme de langue maternelle bâloise, les cours de français n’allant pas assez vite à son goût à l’école, à se documenter personnellement pour satisfaire son appétit de connaissances : « J’ai appris par cœur le dictionnaire Garnier franco-allemand en 12 mois. »

Puis, il s’est perfectionné en littérature française et entra comme lecteur de langue allemande au lycée Gabriel-Fauré, dans le XIIIe à Paris (place d’Italie). C’est d’ailleurs là qu’il rencontrera sa future épouse, Geneviève. Ils s’installeront à Annemasse, puis à Morges.

Mettre de l’huile dans les rouages

Peter, passionné par les affaires transfrontalières, s’engage comme collaborateur scientifique à l’Institut d’études européennes de Genève. « Mon boulot, c’était d’expliquer aux responsables des neuf cantons suisses limitrophes de la France comment fonctionne, qui fait quoi, à qui s’adresser… » Le groupe de concertation dans lequel il travaille préparera la création en 1987 du Conseil du Léman, qui réunit l’Ain, la Haute-Savoie, Genève, Vaud et Valais.

Bien se connaître pour mieux travailler ensemble

« La coopération entre pays voisins toujours constructive si on s’efforce de trouver les intérêts communs sans oublier qu’il demeure toujours une certaine concurrence. » Peter est convaincu qu’on peut travailler sur des problématiques franco-suisses – le transport, la santé, etc. – sans se nuire, tout en étant conscient « que plus on est près de la frontière, plus on colporte des stéréotypes sur les voisins dont se font une joie les partis extrémistes. Cela relève de la psychologie des peuples. D’où la nécessité pour coopérer de lever les formes de méfiance, dans l’intérêt de tous. »

Ferney, un choix culturel et affectif

Après son mariage en 1981 avec Geneviève, Peter est devenu binational en 1983, au terme d’un parcours du combattant : il fallut convaincre les autorités françaises de sa passion pour la France. En 1985, le couple s’installe à Ferney où grandiront sa fille et son fils et où il réside toujours : « Un choix culturel et affectif, j’aime cette ville ! »

Il n’a pas manqué de s’investir au service des collectivité tant suisses que françaises, sur les terrains de la mobilité, qui lui est chère – il est cofondateur d’Apicy, (association des piétons et cyclistes du Pays de Gex), mais aussi le bon usage de l’argent public et, bien sûr, dans la cause transfrontalière où il espère apporter un nouveau poids s’il est élu au Parlement de Genève en avril 2023.

Plus d’infos

En 1996, Peter Loosli fondait à Ferney un cabinet de traduction indépendant, Werwiewowas, avec lequel il a beaucoup travaillé pour les collectivités, effectué des opérations de service pour des fondations, et traduit des livres, bien sûr, tant de l’allemand vers le français que vice-versa. Il songe aujourd’hui, l’âge de la retraite arrivant, à se retirer de cette activité.

Peter est encore administrateur du Mont-de-Piété de Genève, régie et caisse publiques de prêt sur gage, au sein de laquelle il a été désigné par le Grand Conseil de Genève. Un poste soumis au secret de fonction.