Chablais : la démontagnée «ça n’était pas comme aujourd’hui, folklorique, c’était le travail»

Pour Edith Favre-Victoire, les vaches savaient que la démontagnée commençait quand elles apercevaient leur licol.
Pour Edith Favre-Victoire, les vaches savaient que la démontagnée commençait quand elles apercevaient leur licol.

Edith Favre-Victoire repense souvent à la qualité de vie dans ses montagnes.
Edith Favre-Victoire repense souvent à la qualité de vie dans ses montagnes.

C’est avec son frère et son mari qu’Edith Favre-Victoire, fille d’agriculteurs et originaire de Bonnevaux, a fait une démontagnée, en 1959. « J’avais 23 ans, et j’étais enceinte de ma deuxième fille. On détachait les bêtes et on les suivait, lin (licol, NDLR) au cou. On coulait le lait à Darbon, pour faire du beurre et du fromage », se souvient-elle. Souvent, les troupeaux étaient mélangés dans les alpages, avec des propriétaires différents. « Sur la route du retour, les paysans récupéraient, sur notre passage, leurs animaux. » Puis Edith Favre-Victoire déménage à Vacheresse, où son père lui offre ses propres bêtes. Et en 1968, elle s’installe à Allinges, mettant fin à une vie dans l’agriculture, et enceinte de son septième enfant (sur neuf).

« On attendait les premières neiges »

Félix Muffat travaille toujours à la ferme. Il produit de la tomme, et élève des vaches et des chèvres.
Félix Muffat travaille toujours à la ferme. Il produit de la tomme, et élève des vaches et des chèvres.

Félix Muffat a toujours vécu à La Baume. Il arrête l’école à 14 ans, mais fait sa première démontagnée à l’âge de huit ans « On avait l’alpage du Grand Souvroz, en dessous du Roc d’Enfer. Autour du 24 juillet, tout le monde montait et rejoignait son chalet. Il fallait faire huit heures de marche pour s’y rendre et en revenir », se remémore-t-il. A neuf ans, il passe l’été dans la montagne, avec son oncle, et surveille le troupeau la journée : « Je remplaçais le berger ». Et ce n’était pas en septembre ou en octobre qu’on redescendait dans la vallée. « On attendait les premières neiges, pour profiter de l’herbe le plus longtemps possible. C’était une corvée, il fallait diriger les animaux, marcher dans la neige, il y avait un col à traverser, explique Félix Muffat. Ça n’était pas comme aujourd’hui, folklorique, c’était le travail. »

Infos pratiques

Samedi 8 octobre, il sera interdit de stationner sur tout l’axe traversé par le cortège. Aussi, il ne sera pas possible d’accéder aux parkings privés le temps du passage des animaux. Un cordon de sécurité sera mis en place.

Les animations pour les enfants se font sur inscription, directement sur les stands :

– 10h-12h et 13h-19h : ferme pédagogique

– 10h-12h30 et 13h30-19h : accrobranche

– 10h-13h et 14h-19h : la vache de manège et son ‘‘orgameuh’’

– 10h-19h : balade en poneys (payant)

– 15h-17h : apprendre à faire son beurre

- dimanche 9 octobre, et en continu de 10h à 18h : marché des producteurs sur la place de Crête. Dès 10h30 : début des combats de Reines. Final à partir de 16h30.

Des vaches, des moutons, des cochons… en parade dans la ville

Décorer les vaches lors des démontagnées est une tradition de nos voisins suisses.Samedi 8 octobre, l’office de tourisme de Thonon organise une balade de deux heures dans les rues de la ville, avec de nombreux animaux.

Cette ‘‘démontagnée’’ réunira 150 bêtes de six agriculteurs locaux. Des vaches, dont celle de la race d’hérens, des chevaux, des poneys, des ânes, des moutons, des cochons, ainsi que les animaux de la basse-cour… « Le départ se fera place de Crête à 10 heures. Puis direction le chemin de Ronde et l’avenue de la Libération. A partir de la rue des Italiens, neuf groupes folkloriques rejoindront le cortège, intercalés entre chaque famille d’animaux », détaille Julie Legros, directrice de l’office de tourisme. L’arrivée est prévue à midi au Belvédère, après une traversée de la Grande rue.

Retour à a tradition

« On a prévu un marché d’artisans, des animations musicales, un parcours d’accrobranche, une mini-ferme, un manège à propulsion pour les enfants mais aussi des démonstrations avec des patous. Et aussi un podium, où chaque bête sera présentée », poursuit la directrice.

Mais pourquoi un tel événement ? « Après des grosses crises, on constate souvent que le retour à la tradition est demandé. On répond à cette demande. Et puis, on sent que la filière agricole a besoin de soutien, et on souhaite mettre en valeur le local », répond Julie Legros.