Albertville : optez pour le chanvre, le plus écologique des isolants naturels

Pourtant un excellent isolant pour nos habitations, le chanvre est encore trop méconnu : «  Il y a toujours cette peur culturelle assimilée à la drogue, introduit Mireille Infray. En effet, on a longtemps laissé penser que le chanvre et le cannabis étaient deux plantes distinctes alors qu’il s’agit d’un seul et même végétal. Selon les climats de ses différentes régions de culture, l’espèce « chanvre » s’est déclinée en de nombreuses variétés et cultivars. Lorsqu’elle pousse sous des climats chauds, la plante synthétise une résine possédant des propriétés psychotropes. Lorsqu’elle pousse dans des régions froides, elle produit davantage de fleurs et de fibres moins chargées en résine. En Europe, les variétés cultivées sont du type « fibres » et ne permettent pas un usage psychotrope ».

Pour en revenir à l’isolation, la fibre est justement ce qui nous intéresse : « C’est l’isolant le plus écologique donnant un confort incomparable et durable à notre intérieur, poursuit la gérante. Un très bon produit pour les personnes souffrant d’allergies et de difficultés respiratoires. Pour la petite anecdote, qui est tout de même très révélatrice, j’ai croisé l’autre jour des clients à qui j’ai vendu du chanvre pour isoler leur maison il y a 20 ans. Surpris que je les reconnaisse, je leur ai demandé s’ils étaient contents de leur achat et ils m’ont répondu que ça n’avait pas bougé contrairement à la laine de verre qu’il faut changer au bout de dix ans ».

Projet d’isolation : déclinaisons et avantages du chanvre

Chez Ma Maison Nature, le chanvre est commercialisé en rouleaux, en panneaux et en vrac : « Avec de la Chènevotte, on peut remplir des cavités ou, mélangé à la chaux, on peut faire d’excellents enduits isolants, précise Mireille. Il y a aussi la filasse de chanvre qui est très recherchée car très flexible ce qui permet de l’utiliser aussi entre des interstices comme de vieilles poutres en bois par exemple ».

La gérante conclut sur les nombreux avantages de cette plante : « Elle peut pousser sur n’importe quel terrain, à n’importe quelle latitude et sans engrais. Le chanvre est dit « biosourcé » car son impact en CO2 est faible, il nécessite peu d’eau ni aucun pesticide car il est naturellement insecticide donc bon pour la biodiversité. Le chanvre améliore d’ailleurs les terrains pauvres en nutriments. On utilise absolument tout sur cette plante jusqu’aux graines, fleurs et tiges. C’est une matière première renouvelable. De plus, il est résistant au feu car, même après avoir passé quatre heures sous une flamme de 650°C, un mur de chanvre ne présentera aucun signe de combustion et la température de l’autre côté de la paroi n’aura augmenté que de 2°C. Pour finir, il a bonne masse thermique. Un mur de chanvre s’adapte presque intuitivement aux changements de températures et même d’humidité ! Ainsi, aucun déshumidificateur, climatiseur ou humidificateur n’est nécessaire. »

Un brin d’histoire

Les origines du chanvre se perdent dans les méandres de l’histoire de l’humanité mais il est généralement admis qu’il est originaire d’Asie. Cultivé depuis la plus haute Antiquité pour sa fibre exceptionnelle et sa graine oléagineuse, sa résine fut de tout temps utilisée pour ses vertus thérapeutiques en pharmacopée chinoise, au XVe siècle avant J.C. On n’en retrouve aucune trace, ni dans les civilisations égyptiennes des pharaons, ni chez les Hébreux dont les Ecritures saintes ne mentionnent que le lin. « Les Romains en faisaient des voiles et des cordages pour leur service de mer et de terre… » (Marcandier 1758). Ils avaient instauré un système administratif d’intendance supervisé par le procureur du linifice des Gaules. Ce sont les Arabes qui introduisirent cette plante en Syrie, en Afrique du Nord, puis en péninsule Ibérique d’où elle serait passée en Amérique du Sud. Elle y prit le nom de marijuana (mot d’argot mexicain).

En France, le chanvre est une très ancienne culture, antérieure au Moyen-Âge. Chaque ferme possédait sa chènevière, située sur les meilleures terres qui bénéficiaient d’une partie des engrais organiques pour les besoins personnels des exploitants. Tout était utilisé dans cette plante cultivée dans toutes les régions : la graine (chènevis) pressée donnait de l’huile pour l’éclairage, la fabrication de glu, de savon et plus tard de peinture. Son utilisation alimentaire a toujours été très localisée. Le tourteau résiduel servait à l’alimentation animale ; la tige défibrée produisait de la filasse permettant la fabrication de ficelles et cordages ou, après filage et tissage, la confection de toiles plus ou moins fines. La marine à voile et les armées furent les plus importantes consommatrices du chanvre (cordes, voiles, vêtements…) La chènevotte, cellulose à pouvoir calorifique, située à l’intérieur de la tige servait à aviver le feu de l’âtre des domiciles ou des ateliers ; elle permit la fabrication d’allumettes soufrées. Jean de La Fontaine évoque en 1668, dans sa fable L’hirondelle et les petits oiseaux, son usage pour confectionner des cages et des pièges.

 

Ma Maison Nature
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