Saint-Gervais: la guerre est déclarée entre l’Ehpad et Jean-Marc Peillex

L’EHPAD Val Montjoie de Saint-Gervais.
L’EHPAD Val Montjoie de Saint-Gervais.

«   Monsieur Jean-Marc Peillex continue son travail de déstabilisation », tonne Bernard Bensaïd, président de l’association Monestier, propriétaire de l’Ehpad Val Montjoie, dans un communiqué diffusé lundi 7 octobre. Depuis un an, le maire et le président entretiennent un débat pas toujours courtois via les réseaux sociaux sur la gestion de l’établissement.

Il faut dire qu’en juillet 2018, l’ARS et le Département décidaient la nomination d’un administrateur provisoire après une inspection qui révélait 18 écarts relatifs à la méconnaissance des dispositifs législatifs et réglementaires et 89 remarques relatifs à des dysfonctionnements porteurs de risques.

Assurée par le directeur de l’hôpital de Sallanches, cette période d’administration provisoire s’est conclue en juillet dernier. Les gestionnaires de l’Ehpad ont finalement conservé l’agrément, une nouvelle directrice a été nommée et Bernard Bensaïd est redevenu le patron.

« Tête de Turque »

Une conclusion qui n’a rien fait pour calmer les tensions entre le maire Peillex et le président Bensaïd ; bien au contraire à en croire l’édile : « Il a trouvé des gens pour être sa tête de Turque. C’est la faute du directeur de l’hôpital et maintenant c’est la faute du maire. C’est surprenant de la part de quelqu’un qui, jusqu’en 2018, a contribué par le mécénat à l’organisation d’exposition d’art sur la commune », glisse Jean-Marc Peillex. Dans son communiqué, Bernard Bensaïd accuse de son côté Jean-Marc Peillex de pratiquer un lobbying peu amical : « Comme il le fait régulièrement, depuis deux ans, Jean-Marc Peillex diffuse sur les réseaux sociaux, dans les médias ou vers les services de l’administration et des collectivités territoriales, de fausses informations mettant en cause le président de l’association Monestier, l’équipe de direction, et plus globalement les 10 000 salariés du groupe Doctegestio auquel l’association est adossée. »

Merci Borini

On en est là lorsqu’éclate « l’affaire du goûter d’automne. » Samedi 12 octobre, la commune organise son traditionnel goûter d’automne auquel les aînés sont conviés dont ceux du Val Montjoie. Or, des familles se sont présentées en mairie pour demander un bus à disposition des résidents car l’établissement n’aurait pas l’intention de le faire. Jean-Marc Peillex diffuse l’information sur les réseaux sociaux : « Il y a eu un élan de solidarité. Les autocars Borini ont ainsi offert le transport », explique le maire. Bernard Bensaïd ne voit pas les choses ainsi : « Lorsque M. Peillex invite les résidents de l’Ehpad au goûter d’automne le 12 octobre, et qu’il répand dès le samedi 5 octobre, par le canal des réseaux sociaux, l’information selon laquelle la direction de l’Ehpad empêcherait les résidents de se rendre à cette manifestation, il provoque l’incendie. »

115 millions réclamés à Jean-Marc Peillex

Rebondissement inattendu le 11 octobre : le groupe Doctegestio déclare avoir lancé trois procédures contre l’élu pour « comportements dénigrants et attitude qui nuisent à l’ensemble du Groupe et entraînent des préjudices importants évalués par les conseils et les services financiers du Groupe à 114 938 000 euros ». « Bernard Bensaïd, la société Doctegestio, la société DG Help, l’association de droit local AMAPA, l’association Loi 1901 Monestier, mettent en demeure Monsieur Peillex. Ils engagent sa responsabilité personnelle et l’assignent devant le tribunal de Bonneville ».

Plus précisément sont reprochés au maire de Saint-Gervais : « une dégradation significative de son image, des opportunités de développement manquées, des soutiens financiers perdus, un refus de cession d’une autorisation d’exploitation d’établissements médico-sociaux, une perte de chiffre d’affaires potentiels et des engagements financiers imposés mais inadaptés aux situations. » En plus, de cette assignation, le groupe Doctegestio a porté plainte pour diffamation et injures publiques.

Une blague ?

De son côté, Jean-Marc Peillex préfère voir ces plaintes au second degré : « Le festival de l’humour de 2020 s’annonce bien, belle introduction de M. Bensaïd mais attention à ce que ne soit pas programmée la célèbre séquence de l’arroseur arrosé !!! Une cagnotte participative va être mise en ligne dont les sommes récoltées iront à l’amélioration des conditions de vie des résidents des Ehpad et de la rémunération et des conditions de travail du personnel »