La réussite insolente de ces start-up «made in Annecy»

Une partie de l’équipe de Copines de voyage, et de Coworkees (à droite) aux Papeteries.
Une partie de l’équipe de Copines de voyage, et de Coworkees (à droite) aux Papeteries.

Miliboo, In&Motion, Lilm, Thésame, Coworkees, About Goods, Copines de voyage, Greenweez, Vinatis... Ces noms n’évoquent peut-être rien aux Annéciens, il s’agit pourtant, pour ne citer qu’elles, des plus insolentes réussites entrepreneuriales de ces dernières années à Annecy. Chacune dans leur créneau, elles se sont fait une place dans le paysage économique local, national... et plus si affinités.

Leur point commun : ce sont des start-up, micro-entreprises au départ fondées par une poignée d’illuminés, au potentiel de développement exponentiel.

Si aucune ne figure encore dans le récent «Next40» (on y trouve Blablacar, Doctolib, Deezer, etc.), indice lancé en septembre par le gouvernement pour recenser les 40 start-up les plus prometteuses en France, plusieurs boites nées à Annecy présentent de gros atouts.

5 millions d’euros !

Pour comprendre leur fonctionnement, on se rend aux incontournables Papeteries, à Cran-Gevrier. Un espace pensé pour favoriser l’éclosion de start-up à Annecy, avec le parc Galiléo à Chavanod ou Annecy Base Camp à Annecy-le-Vieux.

Copines de voyage, par exemple, a vu le jour ici. L’entreprise est née de l’idée de proposer des voyages entre filles, qui ne se connaissent pas forcément. Le concept posé, l’entreprise n’a fait que prospérer : deux fondateurs d’abord (Olivier Masselis et Nicolas Guerin), vingt-cinq employés aujourd’hui, une trentaine d’ici quelques mois. Dans une ambiance bon enfant, sur un plateau de 300 m2 où les bureaux classiques côtoient des canapés, Émilie Straub, directrice marketing, se souvient des débuts. « On a commencé à la pépinière, au rez-de-chaussée, on avait deux petits bureaux de 7m2    », sourit-elle. Aujourd’hui, le site revendique « 650 000 membres », et la communauté des «Copines» grandit à vue d’œil.

Si la start-up en est là aujourd’hui, c’est que l’idée de départ, autant que l’équipe pour la porter, étaient solides. L’entreprise a pu décoller, embaucher, investir, suivie par une banque. « Il existe toujours une sorte de traversée du désert  », raconte Christophe Neu, délégué général de la French Tech in the Alps - Annecy, mais une fois passé le cap des deux ou trois ans, l’entreprise a les reins solides et peut voir plus loin.

Au rez-de-chaussée, justement, on retrouve l’équipe de Coworkees, start-up née en décembre 2016. Julie Huguet, fondatrice, se souvient aussi de débuts compliqués, sans revenus au départ, chez elle, « avec une mauvaise connexion internet ». Elle a eu l’idée de créer un immense réseau de travailleurs en free-lance, et l’année 2019 a été celle du décollage : Coworkees a réussi une levée de fonds d’un million d’euros, douze salariés sont maintenant sur place, tous devront bientôt libérer les lieux et laisser la place à d’autres puisque la pépinière où ils se trouvent porte bien son nom : c’est un «cocon» provisoire. En parallèle, elle ouvre un bureau à Genève, vise Paris et Zurich, l’an prochain. Car en 2020 , Coworkees ambitionne une levée de fonds de 5 millions d’euros. De quoi envisager l’avenir en grand, et pourquoi pas « tripler les effectifs » actuels.

Interviews, décryptage... Un dossier complet est à retrouver dans l’Essor du 10 octobre.