Don de moelle osseuse : il faut « masculiniser et rajeunir le registre »

80 % des prélevements de moelle osseuse ne nécessitent qu’une sorte de grande prise de sang.
80 % des prélevements de moelle osseuse ne nécessitent qu’une sorte de grande prise de sang. - Photo d’illustration - Agence de biomédecine

Contrairement au don du sang, le don de moelle osseuse reste encore méconnu. Avec 350 000 personnes inscrites sur le registre des donneurs volontaires, la France est en retard par rapport à d’autres pays. Si les campagnes de sensibilisation permettent depuis plusieurs années de recruter de nouveaux donneurs – près de 20 000 cette année – ce n’est pas encore suffisant.

« Ce n’est pas le nombre d’inscrits qui reflète la qualité du registre, c’est bel et bien la diversité des profils qui sont représentés parmi les donneurs volontaires », indique l’Agence de la biomédecine.

Depuis le mois d’avril, l’agence, qui relève du ministère de la Santé, a lancé une nouvelle campagne de sensibilisation avec trois objectifs : « masculiniser, rajeunir et surtout diversifier le registre ».

Seulement 36 % des donneurs sont des hommes

En France, le principal problème est le manque de donneurs masculins. Car, si seulement 36 % des donneurs inscrits sont des hommes, ils représentent dans le même temps une majorité des prélèvements – 70 % des donneurs prélevés sont des hommes.

En effet, les médecins privilégient les donneurs aux donneuses pour des raisons immunologiques. De la même manière, une greffe a plus de chance de réussir lorsque le donneur compatible est jeune.

Diversifier les profils

Chaque année, près de 2 000 patients ont besoin d’une greffe de moelle osseuse provenant d’un donneur ayant un profil génétique compatible. Or, cette compatibilité est rare.

« Pour réaliser une greffe de moelle osseuse, il est nécessaire de trouver un donneur compatible avec le patient, c’est-à-dire quelqu’un dont les caractéristiques immunologiques sont le plus proche possible de celles de la personne malade », indique l’Agence de biomédecine. Et, comme « chaque malade possède son propre profil immunologique, déterminé en partie par ses origines géographiques et son histoire génétique familiale », il est essentiel de diversifier les profils des donneurs volontaires.

80 % des dons se font par prise de sang

Souvent confondu avec la moelle épinière, le prélèvement de moelle osseuse peut se faire de deux manières – et rien à voir avec la colonne vertébrale. Dans la majorité des cas, le don ne nécessite qu’une sorte de grande prise de sang, indolore, appelée cytaphérèse. Sinon, il est également possible de prélever la moelle osseuse dans les os du bassin, sous anesthésie générale.

Le don de moelle osseuse ne se fait généralement qu’une fois dans sa vie, voire deux dans certains cas exceptionnels – si le patient ayant bénéficié du don a besoin d’une nouvelle greffe, ou si un membre de la famille du donneur a besoin d’une greffe. Dans la plupart des cas, le don sert au traitement de certaines formes de cancers, comme les leucémies et les lymphomes.

Pour s’inscrire au registre national des donneurs il faut remplir deux conditions : avoir entre 18 et 35 ans et ne pas avoir de problème de santé. Cela se passe en ligne, sur le site dondemoelleosseuse.fr. Après avoir répondu à quelques questions, la réception d’un kit permet de prélever sa salive afin de définir la compatibilité avec un patient – une chance sur un million entre deux personnes sans lien de parenté. Il faut ensuite compter trois mois pour être inscrit et recevoir sa carte de donneur. Alors, on peut être appelé jusqu’à ses 60 ans.