(PHOTOS) Aix-les-Bains: chez les Bizolon, le chocolat est une histoire de famille

« Je suis tombé dedans tout petit, un peu comme Obélix », sourit Thomas Bizolon, artisan chocolatier. Dans ce qu’il nomme à chaque fois la « maison », ce trentenaire se lève tous les matins pour faire perdurer la tradition sous les yeux de ses ancêtres, au 6 square Jean-Moulin à Aix-les-Bains. « Je suis lié à eux parce que c’est un engagement. Je suis ici 13 heures par jour, six jours sur sept ».

Le clan Bizolon

Dans son laboratoire, les photos de son arrière-grand-père, ses grands-parents et ses parents veillent sur la Maison Bizolon. « Je suis la quatrième génération de chocolatier-pâtissier. Le prix Coup de Cœur, c’est la reconnaissance de notre artisanat, en particulier le mien, et c’est aussi les trois générations avant moi qui sont récompensées. Il y a une histoire derrière. Bizolon ce n’est pas que moi, c’est un clan. La Maison est un vrai patrimoine familial ».

Si bien qu’à Aix-les-Bains, les clients de la chocolaterie eux-mêmes se transmettent la bonne adresse. « Des personnes âgées me disent qu’elles venaient là petites avec leur grand-mère et que mon arrière-grand-mère les servait. Je vois aussi des ouvriers qui étaient apprentis avec mon arrière-grand-père. Je leur ai fait visiter le laboratoire et ils avaient pratiquement les larmes aux yeux. Avant c’était encore plus dur que maintenant. Ils dormaient là-haut, ils mangeaient avec la famille ».

« Ma fille a passé ses trois premiers mois au laboratoire dans son couffin »

Sentimental et attaché à ses souvenirs, depuis que Thomas Bizolon a repris la chocolaterie, ce père de deux enfants tente de leur transmettre aussi sa passion. « On habitait au-dessus de la boutique. On passait notre temps ici avec ma sœur. On descendait en pyjama dire bonjour à mes parents qui habitent toujours là, on rentrait de l’école c’était pareil. Je me souviens que mon père enrobait les chocolats sur la machine que j’ai encore ».

Sur le plan de travail face à lui, il se rappelle qu’il a gardé sa fille durant ses trois premiers mois sous l’étagère centrale. « C’était octobre et il fallait qu’on prépare Noël alors on a trouvé une solution et elle a passé toutes ses journées dans son couffin au labo », témoigne-t-il.

D’ailleurs pour elle, Thomas Bizolon a créé un chocolat en son nom. « Il y a trois chocolats qui me tiennent particulièrement à Cœur : Louisa et Julius que j’ai conçu pour mes enfants Louise et Jules. Et celui que j’ai élaboré pour les 80 ans de la maison en 2013, une ganache noir pur Brésil. Avec Julius, un chocolat au basilic présenté au salon du chocolat l’année dernière, on a gagné le prix de dégustation », se réjouit-il.

Une performance que l’artisan chocolatier va tenter de réitérer avec sa dernière création sur le salon du chocolat samedi 12 octobre, au Casino Grand Cercle. « C’est un chocolat particulier qui doit rester secret jusqu’au concours. On va faire goûter ce qu’on sait faire ».