Face au coût de l’énergie, de plus en plus de piscines ferment leurs portes

Dans de plus en plus de communes les portes des piscines se ferment et les bassins sont vides. La faute à la flambée des prix du gaz et de l’électricité.
Dans de plus en plus de communes les portes des piscines se ferment et les bassins sont vides. La faute à la flambée des prix du gaz et de l’électricité. - Photo d’illustration Pixabay

Une contamination qui grandit

Si l’épidémie de covid menace encore la rentrée en France, avec celle de la variole, ce pourrait bien ne pas être la seule. Au fil des semaines, de plus en plus de piscines, un peu partout en France, sont contraintes de fermer leurs portes. Parfois du jour au lendemain, occasionnant des difficultés dans les communes concernées. Sont notamment concernées une trentaine de piscines du groupe Vert Marine. Ici dans l’Ain, le centre aquatique intercommunal ValséO, vient aussi de fermer ce lundi 5 septembre 2022.

La raison principale

Pour toutes, l’explication tient au montant de leur facture énergétique. Avec l’envolée des tarifs de l’électricité et du gaz, la part de l’énergie sur leur budget est devenue très rapidement si conséquente qu’elles ne peuvent plus la supporter financièrement. Certaines disent même être aux portes de la cessation de paiement…

Face à cela, elles prennent la décision de fermer les portes provisoirement. Mais pour une durée indéterminée. Quand la hausse des prix de l’énergie ne cesse de prendre de l’ampleur, quand l’hiver approche…

« Nous avons décidé de prendre une mesure d’urgence pour ensuite discuter et trouver une solution : par exemple fermer certains bassins dans les piscines, ou bien se rattacher au contrat des collectivités, qui touchent l’énergie moins chère que nous », souligne Thierry Chaix, le patron de Vert Marine, sur france Info. Ajoutant : « Les piscines sont-elles vraiment essentielles dans un moment où l’énergie est si chère ? De toute façon, nous n’avons pas trouvé de meilleure défense que la fermeture ».

Public et collectivités mécontentes

C’est notamment ce que rapporte France Bleu sur le sujet. Dans l’Ardèche : « le papa d’un petit garçon de six ans s’estime lésé : « On a payé 190 euros, ils nous ont laissés nous inscrire en août sans rien dire et là depuis ce (lundi) matin j’essaye de les appeler mais personne ne décroche »

Dans les Landes une maman qui a réinscrit ses filles, s’agace d’avoir réglé 500 euros et de ne pas avoir accès à la piscine.

Ailleurs, la déception est manifeste et l’inquiétude grandit d’une saison sportive qui pourrait être sérieusement perturbée. « Le président de la communauté de commune Maremne Adour Côte Sud regrette la situation, « déplorant les conséquences pour les familles, les écoles, les clubs sportifs et de manière générale sur l’apprentissage de la nage sur notre territoire côtier » en cette période où les cours de natation sont censés reprendre » explique encore France Bleu.

Des solutions ?

Quand des collectivités envisagent de reprendre la gestion de ces établissements sportifs, de les raccorder à leur réseau municipal de chaleur, de faire baisser la température de l’eau, d’autres qui se disent mises au pied du mur, prises en otage, veulent mener une action en justice.

Des négociations entre les gérants de piscines et les collectivités locales dans certains départements se mettent en place et la situation retient l’attention jusqu’au gouvernement. « S’agissant des piscines et des patinoires, un travail est notamment mené avec les représentants de ces acteurs (dont l’Union Sport et Cycle) et les collectivités pour trouver des solutions afin de réduire la consommation tout en préservant l’activité sportive et économique. Des mesures complémentaires seront étudiées en cas de fortes tensions sur les réseaux », exprimaient la semaine dernière les ministres des Sports et de la Transition énergétique ».

Une inquiétude grandissante

Si à l’heure actuelle, seules les piscines font parler d’elles, demain, avec la saison hivernale, d’autres établissements sportifs pourraient rejoindre la masse des situations de crise.