L’œil de Genevois sans frontière sur les dossiers du Grand Genève

«Être faux résident porte préjudice à la vie des municipalités françaises», déplore Paolo Lupo.
«Être faux résident porte préjudice à la vie des municipalités françaises», déplore Paolo Lupo.

Le tourisme de l’essence

« C’est une situation qui relève des droits de douane, gérés de manière très transparente. Pendant des années, les Français faisaient leur plein à Genève car l’essence coûtait moins cher et personne ne disait que c’était interdit à la douane. Un nombre très important de Genevois font leurs courses en France et beaucoup de magasins proposent du carburant à prix coûtant. L’attractivité commerciale a toujours existé. Il nous semble plus important de relever des situations qui permettent de rassembler plutôt que de diviser. »

Les faux résidents secondaires

« Notre position à ce sujet a toujours été claire : le fait d’être un faux résident porte fortement préjudice à la vie des municipalités françaises. C’est plus de 1000 euros en moins par an par personne dans le budget d’une commune, ce qui est loin d’être négligeable. Certaines infrastructures et services publics ne peuvent alors pas être remis à niveau comme ils devraient l’être. »

Le refus de scolariser les nouveaux enfants de frontaliers à Genève

« C’est contraire à la libre circulation des personnes et c’est directement lié à la question des faux résidents. Face à ce durcissement, un certain nombre de familles ont déplacé leur adresse fiscale en Suisse pour continuer à pouvoir envoyer leurs enfants à Genève. Et si elles vivent en France, c’est souvent parce qu’elles ne trouvaient pas un logement à un prix décent à Genève. Nous allons écrire aux candidats au prochain Conseil d’État (élections les 2 et 30 avril 2023, ndlr) pour les alerter sur cette question. En 2018, les élèves frontaliers représentaient 5,6 % des effectifs des écoles primaires. Genève est en capacité de les absorber.

Cela pose également un problème au niveau du maintien du lien familial avec les parents et les grands-parents qui habitent à Genève. »

La fin de la gratuité du tronçon autoroutier Saint-Julien-en-Genevois – Annemasse

« Le sujet est en fait beaucoup plus large. Les opérateurs autoroutiers augmentent de manière disproportionnée les péages des portions qui desservent le canton de Genève.

Des tronçons beaucoup plus longs que celui entre Saint-Julien et Annemasse sont gratuits. Là, il s’agit en plus d’un contournement d’agglomération et ils sont pratiquement tous gratuits en France. Pour ce qui est du pays de Gex, c’est l’autoroute du canton qui est utilisée et une vignette est nécessaire pour l’emprunter (40 francs suisses par an, ndlr). »