Méry : psychologues de profession, elles soignent les maux avec leurs chevaux

C’est comme si elles murmuraient à l’oreille des chevaux et des êtres humains. Laura Sion et Charlotte Lebas portent toutes les deux les casquettes de psychologues et d’équithérapeutes. Depuis quelques années, le binôme propose des séances de médiation équine, en plus des consultations au sein de leur propre cabinet, situé à Méry et Aix-les-Bains.

Cette idée de soigner avec les chevaux est venue de Laura qui s’est lancée dans ce projet il y a 6 ans. « À la base, j’avais deux chevaux et j’ai vite compris le bénéfice qu’ils pouvaient apporter. C’est comme ça que je me suis tournée vers l’équithérapie », confie-t-elle.

« Le cheval n’est pas un outil, mais un partenaire »

En novembre 2020, Charlotte rejoint le projet. «  J’étais d’abord stagiaire puis je suis devenue associée », relate-t-elle.

Avec l’aide de leurs quatre chevaux, Eliot, Dieka, Derking et Tiway, qu’elles font travailler une journée et demie chacun dans la semaine, elles suivent une vingtaine de personnes et assurent 10 séances par semaine. « Le cheval n’est pas un outil, mais un partenaire », atteste Charlotte.

Les deux équithérapeutes mettent un point d’honneur à ne pas surcharger de travail leurs partenaires à sabot. « On s’assure qu’ils aient une qualité de vie au pré. Ils ne travaillent pas comme des chevaux de centre équestre, et on les connaît », explique cette dernière.

Les séances se déroulent directement au pré ou dans la carrière d’à côté. L’un des exercices qu’elles effectuent le plus souvent : le portage. Il consiste à monter sur le cheval, à cru (c’est-à-dire sans selle) et de s’allonger, sur le ventre, sur l’équidé. « L’objectif est de ressentir le cheval. Tout est orienté sur la sensation pour que le patient se recentre sur lui-même », analyse Laura.

Une thérapie qui fait tomber les murs

Les profils de leurs patients sont variés. Ils ne sont pas atteints de handicap physique ou moteur, mais présentent « des problématiques émotionnelles ». Certains souffrent d’hyperactivité ou d’anxiété. « On a aussi des enfants qui souffrent de phobie scolaire », précisent-elles.

Les deux professionnelles sont unanimes : le cheval procure un « apaisement naturel », et le cadre extérieur où se déroulent les séances, des bienfaits que la consultation entre quatre murs ne peut pas apporter. « La thérapie équine est efficace par exemple sur les enfants qui refusent de parler », affirme Charlotte. Le tout est d’ajuster la séance aux besoins des patients. « Un cheval un peu envahissant qui va aller vers un enfant renfermé va le bousculer gentiment et l’aider à sortir de sa bulle », illustre à son tour Laura.

Un remède pour les blessés de guerre

Selon l’Institut français du cheval et de l’équitation (IFCE), l’équithérapie est apparue en France en 2014.

Le cheval est alors utilisé pour soigner les militaires et les vétérans de guerre en état de stress post-traumatique. Un programme expérimental est lancé dès 2015, et des stages d’équitation adaptés sont proposés aux blessés militaires la même année.

La médiation équine s’est depuis démocratisée sur tout le territoire.