Albertville : le groupe folklorique de Conflans, une tradition fragile mais passionnante

Avec leurs danses et leur musique à l’accordéon, ils rendent vivant la Savoie de leurs parents et leurs grands-parents.
Avec leurs danses et leur musique à l’accordéon, ils rendent vivant la Savoie de leurs parents et leurs grands-parents.

Albertville

De quelle tradition savoyarde votre groupe de danseurs se fait l’écho ?

Patrice Molliex : C’est le XIXe siècle, on porte les costumes des jours de fêtes, des mariages, des dimanches.

Monique Baillon : Tout le monde à l’époque avait son costume ? Suivant la valeur du costume (les bijoux, les galons), ça donnait la richesse de la famille.

Qu’est ce qui anime les membres du groupe ?

PM : C’est déjà la fierté de porter le costume de sa région, en l’occurrence Albertville, Conflans.

PB : Quand on porte pour le festival des musiques militaires le fanion, on représente la ville, la Savoie avec nos habits.

Combien êtes-vous dans le groupe ?

PM : On est une quinzaine, plus de femmes que d’hommes.

MB : Il y a des femmes qui s’habillent en hommes. Nous avons deux hommes et deux garçons de 8 et 11 ans. Les femmes ont de 10 à 75 ans. On a 4 jeunes dont deux qui font partie du groupe depuis longtemps.

Le folklore peut paraître une tradition un peu désuète, avez-vous du mal à recruter ?

MB : Oui et d’ailleurs nous recrutons. Quinze c’est juste s’il y a des gens absents, on se retrouve à 10 et c’est limite.

PM : Il faut être un minimum pour pouvoir danser, notamment en couple. Avant, on était 35. Mais il y avait moins d’associations à Albertville.

Comprenez-vous ce manque d’enthousiasme ?

PM : Je n’ai rien contre cette association, mais à la country, ils sont très nombreux. Pourtant, ce ne sont pas des danses d’ici. Ce n’est pas qu’on est passionné du XIXe siècle. Ces costumes, nos parents les ont portés. Moi je joue de l’accordéon, mais je n’écoute pas cet instrument tous les jours. Le plaisir, c’est de faire partie d’une association, d’une famille. L’an dernier, on est parti 3 jours en Sologne. On voyage. On a parcouru toute la France et d’autres pays.

Avez-vous des rencontres avec les autres groupes folkloriques ?

PM : Oui on a des échanges. On va chez eux 2 ou 3 jours à l’occasion d’une fête comme la Saint-Jean, par exemple. On danse avec eux et on fait pareil quand ils viennent ici.

Est-ce que le répertoire évolue ?

PM : Les danses existent depuis que le groupe est né en 1953. Il s’agissait de sauver les traditions à l’époque des danses que l’on pratiquait dans les villages avant. Et ce sont des chansons originales, il y en a même une qui s’appelle « Le vieux Conflans ».

Contacts et infos : Patrice Molliex (06 15 57 73 56) ou Monique Baillon (06 60 52 10 04)

Le groupe se produira au forum des associations

Lors d’une prestation au col des Aravis, une partie du groupe.

Quels sont les prochains événements auxquels vous allez participer ?

Patrice Molliex : Nous serons au forum des associations le 10 septembre. Il y a quelques années qu’on n’y est pas allé, on était pris. Cette année, on fera une démonstration, on sera en costumes. Les gens pourront demander des renseignements. On sera également à « Terre, Terroir, Tarentaise » qui se déroule cette année à Albertville le 17 septembre.

Qui fait appel à vous ?

PM : Ce sont des comités des fêtes, des communes, des offices de tourisme.

Quelles sont les prestations que vous proposez ?

PM : On s’adapte, on peut avoir une programmation où l’on a des chants et des danses. On propose également des veillées avec des jeux (brise-pied, le jeu de la bouteille, la danse des Chapeaux…) Ça se passe bien. Quand on fait la danse des chapeaux, on demande à quelqu’un du public de venir participer.

Monique Baillon : On fait aussi des chants mimés.

Quand vous réunissez-vous ?

PM : On a des répétitions toutes les semaines, les vendredis à 20h et le dimanche l’été, on a beaucoup de prestations. Il faut être disponible, on compte sur les gens.

Faites-vous des ateliers dans les écoles pour faire connaître vos traditions aux jeunes ?

PM : On l’a fait à une époque, il y a longtemps. C’est comme cela que ça a commencé. On allait dans les écoles pour apprendre les danses. Il faudrait le reproposer. Est-ce que ça marcherait ? Il faut du monde au moins 2 à 3 couples.