La planète va, avant la fin de l’année, supporter 8 milliards d’habitants

D’ici la fin du siècle, la planète pourrait dépasser les 10 milliards d’habitants. Mais aussi connaître une décrue progressive de sa population, face aux défis climatiques, alimentaires, aux ressources en eau et à une fécondité qui ne cesse de diminuer.
D’ici la fin du siècle, la planète pourrait dépasser les 10 milliards d’habitants. Mais aussi connaître une décrue progressive de sa population, face aux défis climatiques, alimentaires, aux ressources en eau et à une fécondité qui ne cesse de diminuer. - Photo d’illustration Pixabay

Une accélération inouïe

Le premier hominidé connu, Toumaï, remonte à 7 millions d’années. Le temps qu’il aura fallu pour arriver à la situation actuelle.

Une très longue période me direz-vous. Oui, jusqu’à ce que… La planète va bientôt compter, dès avant la fin 2022, 8 milliards d’êtres humains, quand elle en dénombrait un peu plus d’1,5 milliards en 1900. En 122 ans, tout s’est emballé. Explosant de 6,5 milliards. Dont un affolement extraordinaire entre 1950 et aujourd’hui, progressant en 70 ans de 5 milliards.

La décroissance déjà à l’œuvre

La perspective de progression du nombre de Terriens, annoncée par les Nations Unies, se situe entre 10 et 12 milliards d’ici la fin du siècle. Un cap à l’horizon des années 2080 qui évoluerait ensuite vers une stabilisation.

Seuls les rats et les poules auraient le privilège de dépasser ce seuil. Sans parler des insectes, invertébrés et autres poissons.

À en rester sans voix et pourtant, les démographes semblent s’accorder pour dire que la décélération du peuplement humain de la Terre est déjà en marche depuis ces 70 dernières années. On ne totalise plus qu’une progression annuelle de 1 % et cela devrait diminuer encore.

La raison principale ? Partout sur la planète l’être humain voit sa fécondité diminuer. Vous rétorquerez, mais qu’en est-il de la Chine ? À juste titre quand on a pu assister à son expansion, mais à l’heure actuelle sa tendance s’inverse. Au point que, d’ici l’année prochaine, l’Inde devrait la dépasser, se développant jusqu’en 2060 pour atteindre plus d’1,5, 1,7 milliard, alors que la Chine verrait progressivement sa population décroître à un peu plus d’1 milliard dans les mêmes années. La politique nataliste engagée par le pouvoir chinois ne fait pas écho. La population met, contrairement aux attentes, de moins en moins d’enfants au monde.

L’Europe va aussi connaître une baisse

« À l’inverse [de l’Afrique], les populations de 55 pays ou régions dans le monde devraient diminuer d’ici à 2050, dont 26 pays d’au moins 10   %. Plusieurs pays devraient voir leur démographie baisser d’environ 15   % au cours de la même période, dont la Bosnie-Herzégovine, la Bulgarie, la Croatie, la Hongrie, le Japon, la Lettonie, la Lituanie, la République de Moldova, la Roumanie, la Serbie et l’Ukraine. Le taux de fécondité dans tous les pays d’Europe est aujourd’hui inférieur à celui nécessaire pour parvenir à un seuil de renouvellement de la population à long terme (c’est-à-dire en moyenne 2,1 enfants par femme) », annoncent les Nations Unies dans leur communiqué.

Le continent africain va focaliser la plus grosse croissance

Avec l’Inde, le Pakistan et les Philippines, ce sera bien l’Afrique, avec des pays comme la République Démocratique Du Congo, l’Égypte, l’Éthiopie, le Nigeria ou encore la Tanzanie, la zone du globe la plus touchée par les futures hausses de la population.

La surpopulation reste une problématique majeure

Depuis bien des années déjà, le problème de la surpopulation est une épine dans le pied de très nombreuses nations. Un défi quotidien, face au manque de nourriture et plus crucialement encore face à la ressource en eau qui s’évapore et la désertification qui avance. Deux phénomènes directement corrélés au changement climatique, au réchauffement de la planète. Sans compter la montée des eaux des mers et des océans et d’autres potentielles catastrophes destructrices.

À cela s’ajoute la baisse généralisée de la fécondité, la maladie, la diminution de l’espérance de vie, sans omettre la multiplication des conflits armés. Dès lors, prendre plus de deux milliards d’habitants ces 70 prochaines années, se vérifiera-t-il et donnera-t-il raison aux projections actuelles ? Pas du tout certain, quand on mesure déjà la vitesse à laquelle la planète se dégrade, avec dès maintenant de plus en plus de terres où il est désormais impossible de vivre.