Automobile : l’Europe veut imposer les moteurs électriques

Logiquement, la vente de voitures et camionnettes hybrides rechargeables au bioéthanol devrait augmenter jusqu’en 2035. A partir de cette échéance, le marché de l’occasion pourrait prendre le relais. Mais beaucoup de paramètres peuvent changer d’ici là…
Logiquement, la vente de voitures et camionnettes hybrides rechargeables au bioéthanol devrait augmenter jusqu’en 2035. A partir de cette échéance, le marché de l’occasion pourrait prendre le relais. Mais beaucoup de paramètres peuvent changer d’ici là…

Avec seulement 11,637 millions d’unités prévues en 2021 (– 3 %), le marché automobile européen est tombé à un niveau historiquement bas, comparé aux 15,8 millions enregistrés en 2019. C’est même plus bas qu’en 2013, qui était la plus mauvaise des années depuis le début du siècle. L’Allemagne est le premier marché du vieux continent. Elle affiche une baisse de 8 % avec 2,68 millions d’unités écoulées en 2021, tandis que le Royaume-Uni (-3 %) et l’Espagne (-1 %), avec respectivement 1,58 millions et 840 000 de véhicules vendus, limitent les dégâts.

À contre-courant, l’Italie rebondit même de 6 % avec 1,47 millions d’unités écoulées. En France, après – 27 % en 2020 (1,65 millions d’unités), le marché est attendu en repli de 2 % en 2021 à 1,63 millions d’unités, soit un retour à des niveaux dignes des années 1970 pour la deuxième année consécutive. Mais la secousse la plus forte sur le marché européen vient d’une décision très récente du parlement européen.

L’Europe va-t-elle imposer la propulsion électrique ?

Avec son vote du 8 juin, le Parlement européen veut inscrire dans la loi la réduction des émissions CO2 des automobiles neuves à partir de 2035. Les eurodéputés, réunis en séance plénière à Strasbourg, ont validé ce texte réglementant le mode de propulsion des voitures et camionnettes, qui s'inscrit dans le plan climat de l'Union Européenne. La production de voitures à motorisation thermique sera donc interdite en Europe en 2035, sans toucher le marché de la voiture d’occasion. Mais l’origine de la fourniture d’électricité n’est pas évoquée dans cette mesure.

Pourtant, l'impact global sur les émissions de CO2 d'une voiture électrique varie en fonction de l’origine de l’électricité utilisée. « Les atouts environnementaux du véhicule électrique sont intrinsèquement liés à la mise en œuvre de la transition énergétique à la sortie des énergies fossiles et nucléaire », précise l'agence française sur la transition écologique ADEME dans un rapport. C’est donc toute la production d’énergie européenne qui devrait se faire sans émission de CO2, pour que ces modes de propulsion des déplacements terrestres soient réellement propres.

Dans le même temps, américains, australiens, chinois ou indiens, sans parler des Russes, vont poursuivre une stratégie de propulsion automobile et aéronautique vraisemblablement différente. Avec ce vote, les parlementaires européens obligent finalement les entreprises européennes des filières automobile et énergie à devenir encore plus inventives. Sans qu’elle soit évoquée, la propulsion hydrogène peut prendre une place importante, grâce à un hydrogène vert, provenant d’électrolyse à partir d’énergie hydraulique, solaire, naturelle ou éolienne.

Après le scandale du dieselgate, les constructeurs européens ont accéléré leurs recherches sur des propulsions sans émission de CO2. L’avenir n’est donc pas forcément au tout électrique, mais devrait plutôt tendre vers un mix énergétique dans lequel l’hydrogène aura toute sa place.
Après le scandale du dieselgate, les constructeurs européens ont accéléré leurs recherches sur des propulsions sans émission de CO2. L’avenir n’est donc pas forcément au tout électrique, mais devrait plutôt tendre vers un mix énergétique dans lequel l’hydrogène aura toute sa place. - Photo Audi

L’avenir appartient donc aux ingénieurs en R&D et de production. Ils ont désormais une échéance précise, afin de proposer des solutions tenant compte des contrainte légales, en plus de toutes les obligations technico-économiques de ce vaste marché. Car les automobiles de demain devront être à la fois propres, économiques et populaires sur toute la planète. Elles devront bénéficier d’une production d’énergie sans émission de CO2 pour recharger des batteries, et non pas seulement d’une propulsion par batterie électrique. Et ce, à un coût de production compétitif. Si la nuance est subtile, elle est déterminante pour l’avenir de la planète.