Châtillon-en-Michaille: un Bellegardien menace quatre personnes de son couteau

Les faits se sont déroulés sur le parking du « Code bar ».
Les faits se sont déroulés sur le parking du « Code bar ». - © Google Maps

Il a eu la peur de sa vie, ce jeune homme âgé de 25 ans qui témoigne lundi 7 octobre à la barre du tribunal correctionnel de Bourg. Il est encore sous le coup de l’émotion quand il raconte comment il a bien cru passer de vie à trépas quand un homme, visiblement dans un état second, l’a menacé d’une lame d’un couteau Opinel à dix centimètres de son cou.

Les faits se sont déroulés dans la nuit du 5 au 6 octobre dernier vers 2h50 sur le parking du « Code Bar » établissement situé à Pierre Blanche 2, en face de Lidl.

Il ne fut pas le seul à avoir eu peur. Deux autres hommes, dont le patron du bar, et une femme ont également été menacés avec pour seule issue pour eux de se réfugier dans leur voiture et de fermer en toute hâte la porte à clé.

L’agresseur ne s’est pas arrêté là : « Il m’a poursuivi en voiture  », raconte le même témoin et c’est une course-poursuite nocturne qui s’est engagée à vive allure jusqu’à Bellegarde avant qu’il ne réussisse à semer le conducteur lancé à ses trousses.

Il dit ne se souvenir de rien

Pourquoi cette scène de violence alors que l’homme n’avait pas de griefs particuliers à l’égard des salariés ou des clients de cet établissement ?

Difficile à comprendre car le prévenu, un artisan âgé de 54 ans, dit souffrir d’amnésie et ne se souvenir de rien. Il fait seulement état d’une dispute le soir même avec sa fille et d’un différend aussi avec son épouse qui a menacé de quitter le domicile conjugal après 35 ans de mariage. Il se souvient aussi d’avoir bu à une soirée deux ou trois verres de rosé mais pas plus. Après, il dit que c’est le trou noir.

Quand les gendarmes sont arrivés à son domicile bellegardien vers 3h30, il dormait devant son ordinateur. Alors véritable amnésie, dédoublement de personnalité, refus d’assumer ses actes, volonté de régler quelques comptes avec un établissement fréquenté par ses enfants ?

Mystère ! Suite à une précédente affaire de violence pour laquelle il a déjà été détenu en 2018, il est suivi régulièrement par un psychologue auquel il s’est confié sur des traumatismes qui datent de son enfance et peuvent expliquer son impulsivité. Des antidépresseurs lui ont été prescrits.

L’homme paraît totalement désemparé face à sa fille et à son épouse qui, malgré le contexte pénible de cette affaire, ont tenu à être présentes dans la salle du tribunal. L’homme s’excuse à plusieurs des reprises auprès de victimes de son coup de folie : « D’autant que je n’ai rien personnellement à leur reprocher… »

Mandat de dépôt ordonné

Le prévenu ne nie pas être l’auteur des faits. « Si plusieurs témoins le disent, c’est que c’est moi et j’assume mes actes, mais je vous le redis, je ne me souviens de rien sur ce parking  » répète-t-il une dernière fois au tribunal.

Le parquet représenté par Caroline Mollier a rappelé que son rôle était d’abord de protéger la société. Elle a mis en avant la gravité des faits et aussi la précédente condamnation pour violence aggravée qui a déjà valu au prévenu deux ans de prison dont un avec sursis.

Cette fois le curseur de la peine allait être inévitablement placé un peu plus haut avec un réquisitoire de deux ans de prison dont six mois de sursis avec une mise l’épreuve de trois ans et la révocation du précédent sursis à hauteur de six mois.

Le tribunal a suivi ce réquisitoire et ordonné le mandat de dépôt avec interdiction à l’avenir d’entrer en contact avec les victimes. Les demandes d’indemnisation des parties civiles ont été reçues à hauteur de 500€, 300€ et 200€.

A. L.