Saint-Sylvestre: ses voisins s’opposent à son projet d’élevage de volailles

Thomas Besombes espère se lancer début 2020.
Thomas Besombes espère se lancer début 2020.

« J’ai été téméraire mais y en a beaucoup qui auraient abandonné ». Depuis trois ans, Thomas Besombes se bat pour installer son activité agricole à Saint-Sylvestre. En effet, alors que l’agriculteur de 27 ans veut implanter – sur « une terre familiale  », précise-t-il – deux bâtiments qui accueilleraient entre 400 et 600 volailles chacun, son projet n’est pas du goût de quelques riverains.

« Après la validation du permis, des riverains ont fait une pétition, des recours gracieux aussi, évoque l’éleveur. Ils ont même eu un rendez-vous en sous-préfecture ». Une entrevue au cours de laquelle il leur est stipulé que le « le dossier était OK ». Pourtant, toujours selon notre interlocuteur, « tous les dimanches soir, le maire est appelé » par ces mêmes détracteurs qui craignent « les nuisances ».

Respect des règles

Il y a quelques mois, Thomas a fait construire deux bâtiments pour ses canards. À présent, il souhaite en bâtir deux autres pour accueillir ses volailles actuellement élevées à Seynod, sur l’exploitation des Martel. « Là-bas, je n’ai jamais eu de plainte pour quoi que ce soit. Pourtant, il y a des villas aussi », souligne-t-il.

Aujourd’hui, ce projet est prévu sur « une parcelle classée agricole ». À « 80 mètres de limite de propriété » avec les autres habitations, soit au-delà des 50 mètres minimum exigés par le règlement départemental agricole. Et le permis de construire de ces futurs bâtiments a été validé par la commune et les services de l’État. « On ne fait pas n’importe quoi !, insiste bien le jeune agriculteur. Il y a des règles agricoles à respecter ; on est contrôlé régulièrement par la Direction départementale de la protection des populations ».

Double discours des consommateurs

Ce qui interpelle également Thomas, c’est le discours contradictoire des consommateurs. « Les gens veulent de plus en plus manger de la qualité, du local mais pas à côté de chez eux ! », s’étonne-t-il.

Pour son projet d’élevage, d’abattage, de découpage, de transformation et de commercialisation, Thomas, associé avec Florian Zamora, a investi 200 000 euros. « Aujourd’hui, on ne trouve pas de la terre agricole comme ça, rappelle-t-il. Là, c’est un outil de travail pour nourrir les gens avec un travail de qualité ». Avant d’ajouter : « On pâtit de cette mauvaise image de l’élevage industriel, surdensifié. Je n’ai pas l’objectif de faire une multinationale. Ici, les volailles sont élevées en plein air ».

S’il avoue en avoir « gros sur la patate » par les obstacles qu’il a eu à franchir ces derniers mois, Thomas compte bien démarrer son activité à Saint-Sylvestre « en début d’année prochaine ». Et réclame une dernière chose : « laissez-nous travailler maintenant ! ».