Chambéry: Vanessa Laferrière, figure de la police scientifique, nous embarque dans son histoire

Vanessa Laferrière nous emmène à ses côtés dans une enquête de la police scientifique.
Vanessa Laferrière nous emmène à ses côtés dans une enquête de la police scientifique.

De prime abord, on n’imagine mal que le quotidien de cette femme souriante et enjouée est fait de rencontres morbides dans le cadre de sa profession. Mais Vanessa Laferrière, policière scientifique depuis six ans au commissariat de Chambéry, a un secret pour évacuer : l’écriture. La publication de son premier roman «Concentre-toi et respire» était l’occasion de rencontrer cette «Expert» locale.

Votre métier ressemble à celui des Experts qu’on voit à la télé ?

C’est comme Les Experts sauf qu’on résout rarement une affaire en 40 minutes (rires) ! On progresse centimètres par centimètres. J’interviens à chaque fois qu’il y a une mort violente. Je suis armée d’un appareil photo et mon but est d’apporter des réponses. Mon album photo servira au procès.

Comment devient-on policier scientifique ?

J’ai toujours été fan de Colombo ! J’ai passé le concours à 35 ans après une carrière dans la banque. Avant j’étais en salle des marchés à Paris mais me lever le matin pour faire de l’argent ne me plaisait pas. La droiture et la justice me dirigent depuis toujours. À 18 et 20 ans j’avais passé le concours de gendarmerie que je n’ai pas eu mais c’est resté dans un coin de ma tête.

Comment est né votre livre «Concentre-toi et respire»  ?

J’écris depuis toute petite, j’ai rempli des cahiers et des cahiers, j’ai plein d’imagination. Ce livre est né à une période de burn out, en plein questionnement, je me demande si je dois encore accepter de voir des cadavres tous les jours. J’ai la chance d’avoir un mari policier avec qui je peux parler de mon travail mais ça n’empêche pas toujours les cauchemars. D’ailleurs le livre commence par un cauchemar même si je n’en fais pas souvent.

Quel a été le plus difficile à vivre pour vous ?

Tout ce qui touche les enfants et les adolescents - ils sont très très fragiles - me touche. Il ne faut pas se laisser submerger par ses émotions même quand on retrouve un enfant dans un frigo. C’est difficile.

Qu’est ce que le lecteur va trouver dans ce bouquin ?

Cette affaire qui s’est réellement passée est le point de départ du bouquin, une famille assassinée. C’est une disparition inquiétante au début, personne ne répond aux appels de la famille. Au fur et à mesure de l’enquête dans l’appartement on découvre des choses qui nous interpellent.

Le lecteur est dans la peau d’un Expert ?

Le lecteur va me suivre, il est à mes côtés il sait ce que je vis et ce que je pense. Je me suis créé un personnage qui s’appelle Nine, c’est le prénom de mon chien en fait ! Et tout le reste est inventé. J’ai aussi été bercée par «La petite maison dans la prairie» et «Dallas», alors il y a forcément une méchante dans l’histoire qui est ma cheffe, ma Nelly Olson à moi. Je mets de l’humour dans la catastrophe comme au quotidien, je suis plutôt rigolote. Et surtout j’ai voulu mettre en évidence les amitiés dans la police, il y a des personnes extraordinaires.