Albertville: suite aux annonces d’Emmanuel Macron, certains commerçants craquent

La rue de la République lors du 1er confinement en mars 2020.
La rue de la République lors du 1er confinement en mars 2020.

Même « si on s’en doutait fortement », avoue Corine Mermier Couteau, la présidente de l’association des commerçants de la rue Chautemps « il y a beaucoup de tristesse ». C’est vrai que rue de la République au lendemain de l’annonce du président de la République, Emmanuel Macron d’un nouveau confinement, le moral est au plus bas chez certains commerçants. « Je n’arrive pas à digérer l’annonce, lâche en pleurs la patronne de Loulou et Juju, Alexandra Le grand. On n’a pas le budget. On est en pleine collection, c’est compliqué. Le stock a commencé à rentrer depuis début février et la dernière livraison arrive cette semaine. Et depuis le mois de mars on a amorcé le paiement de notre stock qui va s’échelonner jusqu’au mois de juin ». Même ambiance chez sa voisine de Couleur A. Audrey Lombard qui fond en larme quand on l’interroge. « Ce n’est pas facile. J’aimerais être positive, mais je n’y arrive pas. Même si à titre personnel, je comprends que la santé, c’est la priorité, que nous, on ne vend que du tissu, c’est dur. On a réuni toute la collection, les traites arrivent maintenant. Notre stock il faut le payer ». Pourtant, elle s’en défend : « Je ne veux pas donner l’impression d’être défaitiste, il faut qu’on reste positif. On s’en sortira. Seulement, elle a pas le moral la patronne aujourd’hui ».

Tenir bon c’est bien la question que pose Corine Mermier Couteau : « Ce qui m’inquiète surtout, c’est qu’on en est au 3e confinement. Certains commerces ne sont pas en forme. J’espère que ce ne sera pas fatal pour eux ». Fabien Belleville le président de l’union des commerçants d’Albertville essaye de prendre son mal en patience « c’est compliqué. On a du mal à voir la perspective… Mais, si cette décision a été prise c’est qu’elle devait l’être, il faut être au maximum dans l’acceptation. On essaye de rester debout et de se dire qu’il y a pire que nous, les hôpitaux notamment. Il faut rester modeste surtout quand on est aidé. Il y a le fonds de solidarité. On est quand même dans un pays où on n’est pas laissé pour compte. »

Certains commerçants tiennent le choc et essaient de s’adapter. Charlotte Collier de la bijouterie du même nom reconnaît que « c’est un coup dur. D’autant que le contexte économique n’est pas évident en ce moment. Il y a des jours où on va très bien travailler et d’autres où on aura moins de monde. Mais, on n’a pas le choix on est obligé de se plier aux règles ». Pour la commerçante, le premier confinement a été l’occasion de se réinventer. « À cette époque, on a mis en place un site internet qui a plutôt bien fonctionné et qui fonctionne encore bien malgré l’ouverture du magasin. Et puis, on présente nos collections sur les réseaux sociaux pour toujours avoir une interaction avec nos clients ». Chez Burton, Stéphanie essaye de rester optimiste. Sa marque aussi dispose d’un site internet et fait partie d’un groupe. « Forcément, il y a une part d’inquiétude, mais moi je positive beaucoup. Que faire de toute façon ? En espérant que pendant ce nouveau confinement, tout le monde joue le jeu et qu’au mois de mai on puisse retrouver les brasseries, les restaurants ».