La Léchère : la direction de Ferropem annonce le licenciement des 223 salariés

La désillusion pour l’entreprise de silicium, de fils fourrés, qui avait fêté ses 90 ans en 2018.
La désillusion pour l’entreprise de silicium, de fils fourrés, qui avait fêté ses 90 ans en 2018.

La Léchère

La nouvelle est tombée lundi 29 mars au cours d’un comité européen (qui rassemble toutes les entités européennes) du groupe Ferroglobe (dont Ferropem est une filiale). « On a appris la suppression de 357 emplois : l’intégralité du site de Château-feuillet en Savoie et de Claveaux en Isère, soit respectivement 223 et 134 salariés », déplore Mustapha Haddou le secrétaire du comité central d’entreprise et délégué CGT de l’usine de la Léchère. « Ils ont dit vouloir rationaliser les outils de production dits rentables où ils avaient procédé à un peu de sous-activité. Ils préfèrent saturer un certain nombre d’établissements au détriment de Château-feuillet et Claveaux », explique son collègue Walter Wlodarczyk, délégué CGT de l’usine de La Léchère et secrétaire du comité européen de Ferroglobe.

Car, la direction de Ferropem avait annoncé depuis la mi 2020, un plan de restructuration sans en apporter les détails. C’est désormais chose faite. Et le temps est désormais compté. « Le plan de sauvegarde de l’emploi, c’est le nouvel intitulé pour licenciements, va durer 4 mois. On essaye de retarder au maximum la date de démarrage de ce délai. On essaye de faire comprendre à la direction qu’il faut que ça se passe dans un délai approprié. Que ça ne tombe pas pendant les vacances d’été. Ça évite de bâcler les choses. Quatre mois c’est très court », observe Walter Wlodarczyk. A l’issue de cette procédure, les licenciements seront effectifs. Mais, le délégué syndical de l’usine ne le voit pas de cet œil là. « La bagarre, elle est sur la reprise d’activité et sur l’emploi. Nous voulons contraindre l’Etat à respecter la loi Florange et retrouver un repreneur. L’Etat a les moyens d’imposer des choses plus humaines avec toutes les aides qu’il a données ». poursuit Walter Wlodarczyk. Vincent Rolland, député de Savoie ne dit pas autre chose et en appelle au gouvernement. «Ce dernier a quand même eu un accompagnement important du groupe Ferroglobe avec l’activité partielle, le tarif de l’électricité à bas coût et le prêt garanti par l’Etat. On est en droit d’avoir des exigences face à ce groupe ».

Seulement, selon les salariés que nous avons interrogés, l’entreprise ne veut pas de repreneur. « Ils nous ont dit Château-feuillet et Les Claveaux, les sites ne ferment pas, on les mets en sommeil. Benoist Olivier, le directeur général de Ferropem a déclaré qu’il ne voulait pas se mettre de concurrent dans les pattes », souligne Mustapha Haddou. « La direction voit comme un danger un éventuel racheteur. Elle va chercher. Mais, la loi Florange ne contraint pas de manière obligatoire à vendre. Elle se donnera juste bonne conscience. Leur finalité, c’est que les emplois et les compétences seront perdus ».

Nous avons contacté la direction de l’entreprise Ferropem, sans réponse de leur part.

La réaction des salariés

Si les employés ont repris la grève, le jour de l’annonce des licenciements, ils ne comptent pas faire durer le mouvement. « On a voulu marquer notre opposition à ces annonces », souligne Walter Wlodarczyk, le délégué CGT de l’usine. Selon ce dernier, la bataille se déroule désormais à coup d’avocats. « Nos action futures, on y réfléchit. Toutes nos actions vont être juridiques. »