L’Espagne devient le sixième pays au monde à légaliser l’euthanasie

La loi espagnole, qui doit entrer en vigueur en juin, permet aux adultes atteints de maladies «graves et incurables» qui causent des «souffrances insupportables» de choisir de mettre fin à leurs jours.
La loi espagnole, qui doit entrer en vigueur en juin, permet aux adultes atteints de maladies «graves et incurables» qui causent des «souffrances insupportables» de choisir de mettre fin à leurs jours. - Illustration Unsplash

L’Espagne a adopté une loi pour légaliser l’euthanasie, devenant ainsi le quatrième pays d’Europe à permettre aux gens de mettre fin à leurs jours dans certaines circonstances.

La chambre basse du parlement espagnol a approuvé la loi le 18 mars avec le soutien des partis du centre et de gauche, rapporte la BBC. Les législateurs ont adopté la loi avec 202 voix pour, 141 contre et deux abstentions.

La loi, qui doit entrer en vigueur en juin, permet aux adultes atteints de maladies « graves et incurables » qui causent des « souffrances insupportables » de choisir de mettre fin à leurs jours.

Avant l’adoption de la loi, aider quelqu’un à mourir en Espagne était potentiellement passible d’une peine d’emprisonnement pouvant aller jusqu’à 10 ans.

Le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez a tweeté quelques minutes après le vote : « Aujourd’hui, nous sommes un pays plus humain, plus juste et plus libre. La loi sur l’euthanasie, largement réclamée par la société, devient enfin une réalité. Merci à toutes les personnes qui se sont battues sans relâche pour que le droit de mourir dignement soit reconnu en Espagne. »

Que contient la loi espagnole ?

La loi espagnole autorise deux moyens volontaires de permettre à une personne de mettre fin à ses jours : l’euthanasie et le suicide assisté. L’euthanasie est l’acte de mettre fin intentionnellement à une vie pour soulager la souffrance – par exemple une injection mortelle administrée par un médecin. En cas de suicide assisté, l’acte est commis par la personne elle-même avec l’aide.

Pour demander l’un ou l’autre, la personne doit :

– souffrir d’une « maladie grave ou incurable » ou d’une maladie « chronique ou invalidante » qui cause « des souffrances intolérables »

– être un adulte de nationalité espagnole ou un résident légal

– être « pleinement conscients » lorsqu’ils font la demande, qui doit être soumise deux fois par écrit, à 15 jours d’intervalle

Un médecin peut rejeter la demande si les conditions ne sont pas remplies. Il doit être approuvé par un deuxième médecin et par un organisme d’évaluation.

Et en France ?

La France a instauré en 2005 un droit au « laisser mourir » qui favorise les soins palliatifs, puis a autorisé en 2016, par la loi Claeys-Leonetti, la « sédation profonde et continue jusqu’au décès », pour des personnes dont le pronostic vital est engagé « à court terme », mais ces dispositifs apparaissent insuffisants.

Début février, le député LREM du Rhône Jean-Louis Touraine a fait savoir qu’un peu plus de la moitié des députés LREM a manifesté leur soutien à sa proposition de loi en faveur d’une « aide médicalisée active à mourir » en France pour les personnes gravement malades et en fin de vie, relate La Dépêche.

Depuis le dépôt de sa proposition de loi fin janvier, 139 députés LREM, sur un total de 269, ont fait part de leur soutien. Le texte de M. Touraine – professeur de médecine défenseur de l’euthanasie depuis de longues années et qui avait déjà déposé une proposition en ce sens dès 2017 – propose « une assistance médicalisée active à mourir » à « toute personne majeure et capable, en phase avancée ou terminale d’une affection grave et incurable, provoquant une douleur physique ou une souffrance psychique insupportable ».

Une proposition de loi d’Olivier Falorni (Libertés et Territoires) pour « donner le droit à une fin de vie libre et choisie » sera débattue le 8 avril à l’Assemblée nationale, rapporte Le Figaro.

Et ailleurs ?

La Belgique, le Luxembourg, les Pays-Bas, le Canada et la Colombie sont les seuls autres pays où l’euthanasie est actuellement légale. Le parlement portugais a tenté de faire la même chose, mais une législation visant à légaliser l’euthanasie a été rejetée comme inconstitutionnelle par la plus haute juridiction du pays.