« On a toujours voulu travailler pour le pays bellegardien, avec la CCPB qui gère le projet »

Le terrain de la MSP, d’une surface de 6000 m2, appartient à l’intercommunalité. (Crédit SEV Architectures)
Le terrain de la MSP, d’une surface de 6000 m2, appartient à l’intercommunalité. (Crédit SEV Architectures)

Dans le même temps, le centre de santé Saint-Exupéry, à Bellegarde, a échoué ?

Le Change (Centre hospitalier Annecy-Genevois) avait financé ce centre. On avait collaboré avec le Change pour qu’il puisse y avoir des consultations avancées de spécialistes. Malheureusement, ce centre est complètement fermé. On espérait que le Change, avec une audience beaucoup plus large, recruterait des médecins. Or, ils n’ont jamais réussi à recruter des médecins généralistes pour assurer au moins la permanence d’un médecin, cinq jours par semaine. Faute de médecins, le centre n’a plus fonctionné, petit à petit. Il n’y a plus personne à l’intérieur, actuellement.

Ce qui vous a conforté dans l’idée de monter une MSP ?

Cela paraissait logique de monter une structure, portée par une association, faite de professionnels investis dans le pays bellegardien, depuis des années. Des gens qui ont des attaches, ici, qui ont envie de travailler pour le territoire. Et pas des gens qui vont venir profiter des subventions pendant deux ans et partir, une fois que les loyers ne seront plus subventionnés. Nous avons monté ce projet. J’ai écrit pratiquement la totalité du projet social. On a monté une association loi 1901. En parallèle, on se réunissait avec la CCPB. On avait déjà choisi un terrain, à l’intersection entre l’avenue du Maréchal-Leclerc et la route qui monte à la clinique psychiatrique, à Châtillon, avec de multiples avantages […] Nous avons monté un projet architectural, avec le bailleur Ain Habitat, au départ. En septembre 2019, le projet tenait la route, on était sur le point de déposer le permis de construire.

Que s’est-il passé à cette époque ?

En octobre 2019, on nous a dit qu’il y avait un problème juridique, qu’on ne pouvait plus faire avec Ain Habitat. La CCPB est toujours restée dans un flou intégral à ce sujet, ne nous a jamais précisé de quel ordre était ce problème juridique. La CCPB nous a indiqué avoir trouvé un autre interlocuteur qui s’appelle Office Santé. Il faut savoir qu’Office Santé est une start-up bretonne, qui est là pour faire de l’argent et pas du social. Eux, ils prennent le problème à l’envers. Ils créent les locaux. Après, ils recrutent et mettent des professionnels de santé à l’intérieur. Ils ont appliqué cette méthode dans l’ensemble de la France.

Quelle a été la pierre d’achoppement ?

On est reparti sur le même projet avec Office Santé qui se chargeait de la construction du bâtiment et nous a sorti des locaux à 16 € le mètre carré, en location. Sur le pays bellegardien, le prix habituel est plutôt de 12 € le mètre carré. On a dit qu’on ne pouvait pas mordre à ce prix-là. La CCPB nous a répondu qu’elle allait mettre des subventions, pour arriver à 8 € du mètre carré. Sauf que juste avant de signer cet accord, Office Santé nous a fait passer un projet de bail, dans lequel il était mentionné, qu’au prix du mètre carré, il fallait rajouter un euro pour les frais de syndic. Et la cerise sur le gâteau, ils voulaient que tous les professionnels de santé, qui s’engageaient avec eux, renoncent à la possibilité de dénoncer le bail à 3 ans, pour aller forcément à 6 ans. Compte-tenu de l’âge de certains membres de mon association, nous ne voulions pas nous engager pour 6 ans […] Dans le même temps, la CCPB s’engageait à subventionner les loyers, durant 5 ans. Au bout de 5 ans, qu’est-ce qui empêchait Office Santé de monter les tarifs à 20, 25 € du mètre carré ou plus ? Rien du tout. On ne pouvait pas accepter ce projet d’Office Santé. Notre but, c’est de ne pas dépendre d’un privé qui est là pour faire de l’argent, mais de rester en collaboration avec la CCPB. On a toujours voulu travailler pour le pays bellegardien, avec la CCPB qui gère le projet.