Thonon : le quartier de Collonges passé au peigne fin par la police

Les policiers se sont dispersés afin de visiter les parties communes des neuf bâtiments, soit 21 entrées, du quartier.
Les policiers se sont dispersés afin de visiter les parties communes des neuf bâtiments, soit 21 entrées, du quartier.

Mardi 2 février, 9 heures. Une vingtaine de policiers investissent Collonges, un quartier de Thonon classé «prioritaire«, afin d’y mener une opération inédite « de sécurisation et de recherche de stupéfiants », indique Carine Baraton, commissaire de police de Thonon-les-Bains, qui chapeaute cette intervention.

1 La police sollicitée par les habitants

« Nous avons organisé une vaste opération de recherches de stupéfiants dans toutes les parties communes des neuf immeubles, ainsi que dans les caves, garages et appartements vacants. Nous intervenons à la demande des habitants. Beaucoup appellent le 17 pour se plaindre du trafic de stupéfiants dans le quartier, de violences, de tapages, de conduites sans permis et d’incivilités », détaille la commissaire.

Si aucune infraction n’a été relevée, ni stupéfiant trouvé ce matin-là, « la population est contente de voir que leurs sollicitations sont prises en compte par les services de police et leur bailleur social, aussi présent aujourd’hui », assure Carine Baraton.

2 Léman Habitat face à un problème d’encombrants

En effet, la police était accompagnée, lors de ce contrôle, de Léman Habitat qui a la gestion de près de 300 logements à Collonges. Catherine Dubief, responsable médiation et gestion urbaine du bailleur social, explique l’intérêt de leur présence aujourd’hui : « Nous avons vérifié si les logements libres étaient bien vides. Nous avons aussi visé les lieux où l’on retrouve beaucoup d’encombrants. Ça déborde, ce qui crée des problèmes d’insécurité et d’hygiène. Il semblerait qu’il y ait aussi une problématique de rats dans certains secteurs. » La société de ramassage des encombrants devait, quant à elle, passer à la fin de l’intervention policière.

Catherine Dubief rapporte aussi de nombreux problèmes de stationnement sur les parkings destinés aux habitants. « La coopération avec la police municipale a permis le retrait des véhicules épaves et ventouses en amont de cette journée », souligne la commissaire Baraton.

3 Les jeunes dehors depuis l’incendie d’un local

Dans les rues du quartier, les habitants ne sont pas très nombreux sous la pluie ce mardi matin. Les familles regardent circuler les hommes en bleu par leur fenêtre. Une fois les policiers partis, à l’heure où les enfants vont bientôt sortir de l’école, Collonges s’est un peu animé. A l’entrée, devant l’espace Collonges Saint-Hélène, deux hommes discutent, un ancien et un père de famille. « On ne sait pas pourquoi la police est là. Rien ne s’est passé hier soir, commente le plus âgé, que tout le monde appelle Nasser. Ça fait 20 ans que je suis président d’association. Avant je m’occupais des jeunes jusqu’à ce que le local d’à côté brûle. »

Pour le trentenaire à ses côtés, c’est depuis cet incendie « que les jeunes se sont tous retrouvés dans les blocs et que les voisins se plaignent ». Quant à la présence des policiers, il estime « qu’ils font leur travail. C’est important pour stopper le trafic mais ça ne va pas laisser une bonne image de notre quartier. Tout le monde va penser que les jeunes vendent tous des stupéfiants. »

Une collaboration entre différents services

De nombreux agents étaient mobilisés pour mener à bien cette opération d’envergure. Les policiers de Thonon avaient reçu le soutien de leurs collègues issus d’autres unités du département. « Nous collaborons avec police secours, le groupe de sécurité et de proximité, la compagnie départementale d’intervention d’Annecy ainsi que l’unité canine légère d’Annemasse », liste Carine Baraton, la commissaire de Thonon.

La police municipale, le bailleur Léman Habitat et une société de ramassage des encombrants étaient aussi présents.