Observation, questionnement et intervention sur le terrain

Sur un véhicule, Laura, toujours accompagnée de Kanchha, dépose la plaquette d’informations.
Sur un véhicule, Laura, toujours accompagnée de Kanchha, dépose la plaquette d’informations.

Avant de monter dans la voiture, Laura, par le biais du téléphone dédié à la maraude, appelle le 115, numéro du Samu social. Au bout du fil, Laura questionne : « Avez-vous eu des signalements ? » La réponse est non. La jeune bénévole informe donc le service de notre départ imminent.

Une feuille de route

Direction donc, la voiture, spécialement dédiée à cette activité et floquée des inscriptions « maraudes ». A l’intérieur, Laura nous explique : « J’ai un carnet où je note tout. Le parcours que nous avons effectué, les observations, les situations, les personnes que nous rencontrons, ou la description d’un véhicule en particulier. Cela permet d’avoir une traçabilité pour l’équipe qui effectuera la maraude la semaine suivante. »

Ensemble, nous définissons notre mot secret en cas de danger. « Ce soir, ce sera Maximus », lance Eric. Evidemment, le code ne doit pas être un mot courant. Aurons-nous recours au personnage de Gladiator ce soir ?

Début de l’itinéraire par la zone commerciale

L’itinéraire démarre par la zone de l’Allondon. Cette zone commerciale et artisanale est inspectée dans ces moindres recoins, dans les zones publiques toutefois. Les bénévoles n’ont pas le droit d’intervenir sur un parking privé ou à l’intérieur d’immeuble par exemple.

A faible allure, il faut regarder, voir, observer, si dans une voiture, sous un abri ou à proximité des commerces, une personne est dans le besoin. Mais ce soir, les températures glaçantes et le givre les fenêtres rendent notre vision quelque peu compliquée.

Notre premier arrêt est fait à proximité d’un food-tuck. Présents durant de longue période, et sur des horaires réguliers, ces restaurants sur roues sont des interlocuteurs privilégiés.

S’arrêter toujours en sécurité

Eric gare le véhicule sur le parking en position départ. « C’est une mesure de sécurité pour être toujours prêt à partir en cas de besoin. » Avec Laura, un bénévole ne pouvant pas sortir seul, nous allons alors questionner les employés. « Avez-vous vu quelque chose ? Entendu ? » Rien à signaler ce soir.

Pourtant, un homme, qui semble attendre sa pizza nous questionne sur nos gilets, sur ce que nous faisons. Il semble également avoir lu l’affiche, déposée la semaine passée sur l’avant du camion. S’entame alors une discussion. Nous sommes rejoints par Eric et Kanchha. L’homme est bavard, et semble s’intéresser de près à nos activités du soir. Aurait-il besoin de quelque chose ? Malgré plusieurs perches tendues, l’homme ne nous le confiera pas.

Une situation parfois difficile à avouer

Le doute persiste, mais impossible d’obliger quelqu’un à nous parler de sa situation personnelle. « Les gens ont parfois du mal à avouer qu’ils ont besoin d’aide », souligne Eric. « La fierté est parfois la seule chose qu’il leur reste ». De retour dans la voiture, nous reprenons notre parcours.