Annecy : le voyeur en série du marché Taine devant le tribunal

Près de 80 femmes ont été filmées à leur insu.
Près de 80 femmes ont été filmées à leur insu.

Ce sont près de 80 femmes qui ont été victimes à leur insu de la perversité d’un voyeur quinquagénaire alors qu’elles faisaient tranquillement leurs courses sur le marché du boulevard Taine, à Annecy. Durant plusieurs années, après avoir repéré de belles jeunes femmes portant jupes ou robes, il déposait à leurs pieds un sac à poches dans lequel était dissimulé un téléphone portable. Et filmait ainsi leur intimité.

Repéré par une victime (elle faisait ses courses accompagnée de son fils mineur) qui déposera plainte en juin 2020, il s’est présenté à la justice le 30 novembre et a tenté de justifier ses pulsions. Il a expliqué avoir perdu sa libido à la suite d’un traitement médicamenteux et tentait d’y remédier. « J’ai fait des bêtises, je ne voyais pas le bout du tunnel (de cette histoire) », a bredouillé l’homme à la barre. « Des bêtises ? s’est étranglé le président. C’est un délit pénal ! » Délit d’autant plus grave que l’homme était déjà connu dans une affaire de voyeurisme en 2011 suite à un « pari stupide ».

Il les choisissait jeunes et jolies

Maître Cédric Huissoud (du barreau de Thonon-les-Bains), sur le banc de la partie civile, a dénoncé un « dossier simple dans un geste simple de quelques secondes sous des jupes féminines qui a entraîné un sentiment d’être une cible à chaque fois (qu’une femme) mettait le pied dehors ». « Il les choisissait jeunes et jolies, a ironisé le ministère public, on ne peut pas lui reprocher d’avoir mauvais goût ! Tant mieux pour celles qui ne se sont aperçues de rien. »

Comme souvent dans les dossiers de ce type, l’auteur des faits était excité par le fait de filmer mais pas de visualiser ses vidéos. Le prévenu a tenté de soulager sa conscience en affirmant qu’il « avait hâte de venir au tribunal pour en finir ». Cela le « rongeait ».

Le tribunal a condamné le voyeur à 4 mois de prison avec sursis probatoire pendant 2 ans et obligation de soins et d’indemniser la victime.