Ain : une manifestation contre la proposition de loi sécurité globale, ce samedi 28 novembre

A Paris, le 20 avril 2019, lors d’une manifestation des Gilets jaunes, le journaliste Gaspard Glanz était arrêté. (Crédit photo: Stéphane Mortagne / VDN)
A Paris, le 20 avril 2019, lors d’une manifestation des Gilets jaunes, le journaliste Gaspard Glanz était arrêté. (Crédit photo: Stéphane Mortagne / VDN)

Une large coordination nationale «Stop Loi Sécurité globale» s’est constituée, appelant à des marches des libertés, ce samedi 28 novembre, partout en France.

« Recul démocratique majeur »

Selon le SNJ (Syndicat national des journalistes), signataire de l’appel à manifester, la proposition de loi «sécurité globale» porte en elle plusieurs dispositions « susceptibles de constituer un recul démocratique majeur, notamment en créant un nouveau délit de presse relatif à l’interdiction de filmer les forces de l’ordre à des fins malveillantes, plus précisément «diffuser des images permettant leur identification » [...] « dans le but de porter atteinte à leur santé physique ou psychique». La mobilisation contre ce texte s’est construite, au niveau national, dans le cadre d’une intersyndicale des journalistes (avec le SNJ-CGT, la CFDT-Journalistes et FO-journalistes) élargie à une coordination constituée autour de la Ligue des Droits de l’Homme, des associations et collectifs de reporters, et de plusieurs sociétés de journalistes de médias nationaux de presse écrite et audiovisuelle ».

« Invisibiliser les violences policières »

Dans un communiqué de presse, Vincent Lanier, membre du SNJ, estime que « cet article 24 qui a fait couler beaucoup d’encre continue d’inquiéter, au regard de pratiques violentes récurrentes des forces de l’ordre, documentées précisément par des vidéos, tournées par des reporters ou des citoyens. Le SNJ et la coordination nationale restent convaincus que l’objectif de cette loi n’est pas de protéger les policiers et gendarmes d’éventuelles diffusions malveillantes, mais bien de contribuer à invisibiliser les violences policières. Le tout nouveau Schéma national du maintien de l’ordre (SNMO), document unilatéral du ministère de l’Intérieur publié en septembre, qui incite les journalistes à s’accréditer pour couvrir des manifestations sur la voie publique et permet d’assimiler les reporters aux manifestants au moment de «l’ordre de dispersion», procède de la même logique, et aura pour effet de rendre plus difficile le travail des journalistes sur le terrain, précisément dans les moments de tensions, lorsque leur présence est nécessaire du point de vue du droit d’informer. Ce SNMO a fait l’objet d’un recours du SNJ devant le Conseil d’Etat, qui n’a toujours pas été examiné sur le fond ».

Vincent Lanier ajoute que « la loi «sécurité globale», dans son ensemble, est également contestée en raison de nouvelles prérogatives offertes aux polices municipales et sociétés de vigiles privées, et à l’utilisation possible de drones de surveillance, lors d’opérations de maintien de l’ordre. La plupart des confédérations syndicales et des associations de défense des libertés et des droits humains ont rejoint la mobilisation, ainsi que le Syndicat des avocats de France (SAF) et le Syndicat de la Magistrature

 ».

Marches des libertés

Depuis le 17 novembre, des manifestations ont rassemblé des milliers de personnes contre cette proposition de loi, notamment samedi 21 novembre, au Trocadéro, à Paris, ou mardi 24 novembre, à Lyon. Le mouvement prend une nouvelle ampleur, avec l’organisation de « marches des libertés » partout en France, après une rencontre infructueuse au ministère de l’Intérieur et un rendez-vous avec le Premier ministre, Jean Castex, ce jeudi 26 novembre.