38 euros d’amende pour un atterrissage à 400 m du sommet du mont Blanc

L’atterrissage interdit a eu lieu le 18 juin 2019 dans le massif du Mont-Blanc.
L’atterrissage interdit a eu lieu le 18 juin 2019 dans le massif du Mont-Blanc.

L’affaire avait fait grand bruit et créé de vives polémiques. Un avion de tourisme s’était posé tout près du sommet du mont Blanc, à 4450 m d’altitude, dans un secteur interdit, le 18 juin 2019. Le pilote suisse de l’engin a été condamné ce jeudi 19 novembre à 38 euros d’amende par le tribunal correctionnel de Bonneville. Il a en revanche été relaxé concernant le défaut d’emport d’oxygène.

Rappel des faits

Contrôleur aérien à Genève et instructeur expérimenté (plus de 9200 heures de vol à son actif), le pilote d’un avion de tourisme décide d’emmener un client dans le massif du Mont-Blanc. Il envisage un atterrissage sur le glacier du dôme du Goûter. Face au nombre important de cordées à cet endroit, il renonce et se pose finalement à 1,6 km à vol d’oiseau. Le problème ? Les aéronefs ne sont pas autorisés à se poser dans le secteur en question, situé entre le Mur de la Côte et les Rochers Rouges Supérieurs. Il était aussi reproché au pilote suisse un défaut d’oxygène (bouteilles d’oxygène et masques) à l’intérieur de l’avion en cas d’hypoxie.

Ce qu’a révélé l’audience

En présence du commandant du PGHM (Peloton de gendarmerie de haute montagne) Stéphane Bozon, présent à titre d’information, le pilote suisse a indiqué qu’il pensait s’être posé dans une zone de tolérance et ne s’imaginait donc pas en infraction. « Ce n’était pas mon but de faire quelque chose d’illégal et de faire du mal à la communauté de la montagne  », poursuivait-il. Dans son réquisitoire, la procureure de la République dira plus tard : «  Il aurait été beaucoup plus sage de renoncer plutôt que de se poser. »

« L’impression qu’on veut en faire un exemple »

Concernant le défaut d’oxygène, le pilote a invoqué le flou dans la réglementation européenne pour le justifier : « Certains textes disent que c’est au commandant de bord de décider si l’emport d’oxygène est nécessaire. Je n’ai pas jugé que c’était le cas car mon client était un habitué de ces altitudes élevées. » Sur ce point, il a été entendu. Dans sa plaidoirie, son avocat a regretté les jugements à l’emporte-pièce des réseaux sociaux et le battage médiatique autour de son client : « J’ai un peu l’impression qu’on veut en faire un exemple. Mon client a sauvé par le passé un parapentiste au prix d’une action héroïque et s’était proposé pour des actions de nettoyage dans le massif du Mont-Blanc en 2015 auprès du maire de Chamonix. On est loin de l’image qu’on a bien voulu lui donner.  »

Le PGHM avait fait appel à la BGTA

Le PGHM avait sollicité la Brigade de gendarmerie des transports aériens de Chambéry/Aix-les-Bains pour savoir si l’avion de tourisme devait posséder de l’oxygène de subsistance à son bord. Selon la BGTA, cela aurait dû être le cas. Le tribunal judiciaire de Bonneville n’a pas été du même avis.