Douvaine : la Mélie a tiré sa révérence

Une grand-mère et arrière grand-mère heureuse.
Une grand-mère et arrière grand-mère heureuse.

Qui dans Douvaine ne connaissait pas la Mélie ? Figure emblématique de la commune dont étaient originaires ses grands-parents, Amélie et Jean-Louis Juget, métayers au château de Troches, auprès du marquis de Trédicini.

Amélie Favre est née le 24 octobre 1925, à Massongy, petite commune qu’elle quitte par la suite avec son frère et ses parents pour le hameau de Chilly, à Douvaine. Ces derniers y ouvrent Le Bistro, en complément des activités agricoles et de la pesée du lait.

La famille devant Le Bistro de Chilly.
La famille devant Le Bistro de Chilly.

La vie rude des années 30 et sa nature frêle ont sans doute forgé le caractère d’Amélie. Caractère que tout le monde lui connaissait et qu’elle conserva jusqu’au bout de sa longue vie.

Puis vint la Seconde Guerre mondiale. « Au bistro, petite, j’ai entendu tant de récits de celle de 14/18 que j’ai l’impression

au final d’avoir vécu les deux guerres mondiales », disait-elle.

Création de l’épicerie UNA

En 1947, Amélie épouse Pierre Jacquier. De cette union naissent deux garçons, Fanfan en 1949 puis Maurice en 1953.

En juillet 1949, Amélie Jacquier est une jeune maman de 24 ans.
En juillet 1949, Amélie Jacquier est une jeune maman de 24 ans.

Le couple reprend alors le café Bonnet, puis le fonds de commerce de l’épicerie Primeur Dalinges. Au milieu des années 60, la boutique déménage pour des locaux plus grands et mieux placés. La célèbre épicerie UNA est née. Elle ferme définitivement ses portes en 1978.

Fonceuse et maline, la Mélie était dotée d’un sens inné du commerce et des affaires. « On gagne de l’argent lorsque les autres s’amusent », disait-elle aux plus jeunes désireux de se lancer dans la vie active.

Elle aimait commander mais savait aussi donner de précieux conseils souvent justes et avisés se souviennent ses petits-enfants.

Une grand-mère qui vivait avec son temps

Amélie Jacquier coula une retraite heureuse entourée de ses amis et des siens qui ne manquaient jamais une occasion de venir la voir pour partager de précieux moments où elle appréciait raconter le vieux Douvaine. Ses récits toujours clairs étaient constitués de milliers d’anecdotes savoureuses. Si les souvenirs étaient une chose, elle n’en restait pas moins une grand-mère moderne vivant avec son temps, toujours prête pour une balade ou un bon restaurant au bord du Léman. De nature curieuse, elle s’était même prise de passion pour la figuration et ne manquait jamais les castings des cinéastes qui venaient tourner sur les rives du Léman.

Avec sa disparition survenue paisiblement le 14 novembre à l’âge de 95 ans, c’est un siècle d’histoire du village qui se termine. Mais les archives familiales qu’elle conservait et compilait précieusement sont remplies de ses annotations manuscrites et de ses légendaires commentaires… Une manière pour elle de poursuivre sa mission de transmission.