Pourquoi il ne faut pas manquer l’exposition « Un barbare en Europe » à Genève

Influencé par la psychanalyse ou le surréalisme, Jean Dubuffet a voyagé en Algérie, en Suisse et en France avec un oeil d'anthropologue. ©DRK
Influencé par la psychanalyse ou le surréalisme, Jean Dubuffet a voyagé en Algérie, en Suisse et en France avec un oeil d'anthropologue. ©DRK

S’intéresser à Jean Dubuffet, et à l’exposition qui lui est consacrée, jusqu’au 28 février, au Musée d’ehtnographie de Genève (MEG), est d’abord un voyage à travers différents disciplines.

Le commissaire général, Baptiste Brun, maître de conférences en histoire de l’art contemporain à l’université Rennes, a brillamment concrétisé, dans l’esprit-même de Dubuffet, la traversée des frontières en combinant adroitement les archives et œuvres de l’artiste, avec de multiples pièces ethnologiques, masques, dessins, sculptures, provenant de différents pays.

Un artiste décrié par ses contemporains

Né en 1901 au Havre, Jean Dubuffet sculpteur et plasticien fut décrié par les milieux artistiques de son époque ; l’artiste avait tourné le dos à l’académisme ambiant, particulièrement après la deuxième guerre mondiale, lorsqu’il découvre, à Genève, le musée d’ethnographie. Les rencontres avec l’architecte suisse Le Corbusier, Paul Budry, écrivain romand, et le psychiatre Charles Ladame sont déterminantes. Il part dès lors à la recherche de l’authentique et des racines de la nature humaine tout en laissant une large place aux productions des marginaux et des malades mentaux.

Une large place aux productions des marginaux et des malades mentaux

« Un barbare en Europe » fut d’abord dévoilé en 2019 au Mucem (Musée des civilisations de l'Europe et de la Méditerranée) de Marseille puis à l’IVAM (Institut d’art moderne de Valence, Espagne). Le MEG présente 300 œuvres issues des plus grandes collections françaises et européennes : le Centre Pompidou, le musée national d’art moderne et la Fondation Dubuffet à Paris. A travers ses explorations en France, en Suisse et en Allemagne, au Sahara et même dans le métro parisien, Dubuffet relative les notions de proche et de lointain. L’art supposé « primitif » et l’idéologie qui le sous-tend, le primitivisme, sont nettement remis en cause.

Une rareté

Il est plutôt rare de voir concentré en un seul événement un artiste français à la découverte de l’esprit suisse ; il fallait pour cela un marginal, Dubuffet, porté par l’audace des directeurs de musées.

Zoom sur la collection

Art brut : terme inventé par Jean Dubuffet ainsi que la Collection de l’Art Brut(1976) à Lausanne(www.artbrut.ch) . 323 objets : 46 du MEG, 277 empruntés, 100 peintures prêtées par la Collection de l’Art Brut, 34 peintures prêtées par la Fondation Dubuffet, 29 objets prêtés par le Mucem.

64 œuvres originales de J. Dubuffet : peintures, arts graphiques, sculptures et œuvres musicales.

Exposition temporaire : à partir de 6 francs suisses, gratuit jusqu’à 18 ans et chaque premier dimanche du mois. Jusqu’au 28 février.