Arnaque aux faux ordres de virement: deux entreprises du Chablais prises pour cible

Dans la plupart des cas, les demandes de virement sont faites par mail.
Dans la plupart des cas, les demandes de virement sont faites par mail.

Il y a quelques jours, deux entreprises implantées dans l’agglomération thononaise ont été victimes d’une escroquerie au faux ordre de virement. « Le préjudice s’élève à plusieurs dizaines de milliers d’euros pour chacune d’entre elles, indique le commissaire Nicolas Barraut. Heureusement, l’une a pu récupérer les fonds grâce à sa réactivité. » Car dans cette situation, mieux vaut réagir très vite en contactant sa banque pour qu’elle bloque le virement avant de porter plainte auprès de la police ou de la gendarmerie.

Les deux entreprises victimes « sont des PME qui travaillent à l’international », précise le commissaire. Si les faits se sont produits à la même période, il ne s’agit pas, en revanche, des mêmes auteurs. Dans chacun des cas, un mode opératoire différent a été utilisé.

Se faire passer pour un fournisseur

Le premier, le plus simple, consiste à se faire passer pour un fournisseur et réclamer le paiement d’une facture, tout en notifiant une modification de son relevé d’identité bancaire (RIB). « Dans ce cas, le comptable doit appeler le fournisseur pour vérifier qu’il a bien changé de RIB. Il ne faut pas poser la question en répondant au mail de l’escroc qui, évidemment, va confirmer », glisse Nicolas Barraut.

Se faire passer pour le patron

Dans le second cas, un peu plus complexe, le hackeur envoie un mail avec une pièce jointe contenant un virus. En ouvrant la pièce jointe, le destinataire va lui permettre d’espionner la manière dont l’entreprise fonctionne, comment se donnent les ordres… Se faisant passer pour le patron, le hackeur va ensuite envoyer un mail au comptable en lui demandant de faire un virement. « Là aussi, il faut appeler le patron pour qu’il confirme qu’il a bien demandé ce virement », indique le commissaire qui rappelle que, de manière générale, il ne faut jamais ouvrir la pièce jointe d’un mail provenant d’un destinataire inconnu.

Un précédent au printemps dernier

Plus globalement, le commissaire Barraut souligne que « ce qui doit mettre la puce à l’oreille, c’est que les fonds sont toujours demandés rapidement ».

Au printemps dernier, une entreprise du Chablais avait déjà été victime de ce type d’escroquerie.

Dans ce genre d’affaires, les enquêtes, longues et complexes, sont confiées à la police judiciaire d’Annecy.