A l’entrée d’Yvoire, deux statues interpellent les passants

Un taureau bourdon sorti de l’imagination de Thierry Thorens, pour alerter contre le changement climatique

A Yvoire, sur la place de la Mairie, une sculpture aussi insolite qu’imposante accueille les visiteurs du bourg médiéval. Un corps massif surmonté de deux cornes et agrémenté de deux larges ailes, et voilà le taureau muté en bourdon. Cette statue de 800 kg, faite de marbre de la Forclaz et de ciment blanc de Savoie, est un message de sensibilisation contre le changement climatique, dont l’une des conséquences directes est la diminution du nombre des abeilles, voire dans un futur proche, de leur complète disparition. Ici, le taureau, mâle reproducteur, va régénérer les troupeaux tandis que le bourdon mettra sa robustesse de travail au service des abeilles pour les aider à la pollinisation des alpages et des pâturages. « Nous, artistes, sommes souvent des sentinelles dont l’un des rôles est d’alerter. Ce taureau bourdon est un cri d’alarme contre le réchauffement climatique » explique son créateur, Thierry Thorens, artiste sculpteur adepte du recyclage artistique (mais aussi chef-cuisinier au restaurant la Chamade à Morzine, dont il est propriétaire). L’autre idée qui surgit de ce taureau-bourdon est que l’intensification de l’élevage est la répercussion de notre surconsommation. Dans la même mouvance, l’artiste a donné vie à une vache- girafe et à un taureau-cygne qui, eux aussi, sont le symbole de profondes mutations. Cette sculpture qui nous appelle à réfléchir sur notre mode de vie, est installée à Yvoire depuis début juin et elle devrait y rester de façon définitive.

L’Homo semi-erectus d’Alain Guichardot laisse libre cours quant à sa signification

Dans un jardin de l’autre côté de la place de la Mairie, dans un registre humoristique, voire sarcastique, Alain Guichardot, plasticien yvoirien, expose son Homo semi-erectus assis sur son gros derrière. Un panneau explicatif raconte que cet homme de Ballavais, un hameau de Loisin, a été trouvé par 30 mètres. Une affirmation qui fait sourire les Chablaisiens mais laisse perplexe les touristes. « Si c’est écrit, c’est que ça doit être vrai », a entendu l’artiste de la bouche de passants.

La suite devrait néanmoins enlever aux plus naïfs le doute qui pourrait encore trotter dans leur esprit puisqu’il est indiqué que le spécimen « sera envoyé prochainement à Marseille, à des fins d’expertises, auprès du professeur Raoult ».

Le majeur levé de cet Homo semi-erectus est-il un pied de nez à la pandémie ou aurait-il une autre signification cachée ?