Bellegarde-Péron-Collonges : Jacques Pichon, pilier du don du sang, nous a quittés

Jacques, lors d’une collecte à la salle des fêtes à Bellegarde.
Jacques, lors d’une collecte à la salle des fêtes à Bellegarde.

C’est avec une grande tristesse et beaucoup d’émotion que nous avons appris la disparition, dans la nuit de vendredi à samedi 22 août, du Bellegardien Jacques Pichon. Agé de 79 ans, figure emblématique du don du sang tant en pays bellegardien que dans le Sud Gessien, il a été lâché par son coeur, qu’il avait sans doute beaucoup trop grand… Ceux qui l’ont connu, et ils sont nombreux, ne contrediront pas.

Après une longue et exemplaire carrière à la SNCF, l’heure de la retraite ayant sonné, il décidait en 1998 de s’investir dans l’amicale des donneurs de sang Bellegarde-Collonges-Péron, à la suite du président André Gindre, heureux de se retirer après 33 ans de bons et loyaux services.

Des records d’affluence

Véritable catalyseur des énergies et des bonnes volontés, Jacques, épaulé tout du long par son inséparable et fidèle épouse Juliette, a pendant 22 ans propulsé la collecte bellegardo-gessienne vers des sommets, en faisant la plus importante de toute la région Rhône-Alpes, avec des pointes, rien qu’à Bellegarde, avec près des 350 donneurs par collecte !

S’il a pris des responsabilités au plan départemental, comme vice-président et administrateur, Jacques était avant tout un rassembleur. Dans le Sud-Gessien comme à Bellegarde, il a su monter des équipes autonomes, efficaces, ferventes, transmettant l’envie d’aller de l’avant, de vaincre les difficultés, convaincu plus que quiconque de la nécessité de donner son sang.

Convaincre la jeunesse

Jacques savait aussi parler aux jeunes. C’est lui qui, avec Camille Ménéghini, a monté la collecte au lycée Saint-Exupéry, en 2000. Des milliers de lycéens ont ainsi pu découvrir, jusqu’à deux fois par an, le don du sang ; des centaines ont continué l’expérience. Quand la collecte au lycée a dû être abandonnée, faute de moyens, Jacques accueillait avec une joie sans partage les jeunes nouveaux donneurs qui descendaient, quatre jeudis par an, se faire prélever à la salle des fêtes de Bellegarde. C’était sa plus grande récompense.

Mettre de l’huile dans les rouages

Son grand souci, ce furent les contraintes venues successivement ralentir l’élan de générosité des donneurs ; des conditions d’accès plus drastiques, sécurité sanitaire oblige, des moyens médicaux à la baisse, des horaires de collecte amoindris… A chaque fois, il s’efforçait de faire passer la pilule, faisant tampon entre les donneurs interrogatifs, le personnel infirmier sous pression et l’autorité médicale. Jamais, toutefois, il ne renonça à la sacro-sainte convivialité qui devait, à chaque collecte, donner envie aux nouveaux de revenir.

Assurer la continuité

Soucieux de sa santé devenue capricieuse, Jacques a été heureux, en septembre 2019, de passer la présidence à Janine Ménéghini : assurer la continuité de la collecte par des bénévoles, en conservant l’esprit, était pour lui une priorité absolue.

Un an après, il nous quitte, définitivement. Mais qu’il ne s’inquiète : son sourire, sa gentillesse, sa bonne humeur ne seront jamais bien loin…

A sa famille et ses amis dans la douleur, notre journal présente ses plus sincères condoléances.

Les obsèques de Jacques Pichon auront lieu vendredi 28 août à 10h à l’église du centre, à Bellegarde. Pas de fleurs, pas de plaques. Une collecte sera effectuée au profit de la recherche.