Albertville : Emma Danglard, «Je suis amoureuse de la musique»

Emma compte déjà 15 chansons à son répertoire, elle aime aussi beaucoup s’approprier les textes qu’on lui confie, comprendre ce qui les guide pour mieux les interpréter.
Emma compte déjà 15 chansons à son répertoire, elle aime aussi beaucoup s’approprier les textes qu’on lui confie, comprendre ce qui les guide pour mieux les interpréter.

La musique comme une évidence. Son papa était chanteur dans le célèbre chœur « les Poppys » et la jeune femme a grandi entourée de grandes sœurs toutes passionnées par le 4e art. Dès l’âge de 6 ans, Emma taquine l’accordéon et le solfège  : « Vers 11 ans je réussissais à jouer à l’oreille ; au collège, lassée d’interpréter du musette j’ai négligé l’accordéon au profit du piano. J’ai progressé seule, en absorbant des tutos sur internet. C’est un univers génial où tu peux t’épanouir dans pleins de registres différents ».

Et comme Emma est une insatiable curieuse, elle met à profit une découverte dans la chambre de sa sœur  : « Je l’avais entendue jouer de la guitare, pourquoi pas moi  ? J’ai travaillé d’abord des chansons basées sur peu d’accords, puis grâce à des cours, j’ai pu grandir dans le jeu et améliorer mon chant  ».

Du talent, des facilités, l’envie, la partition parfaite... sauf que dans la portée de son existence, de nombreuses notes sournoises se sont glissées  : « J’ai vécu une scolarité chaotique, confie-t-elle. Les études m’ennuyaient et j’ai subi du harcèlement au collège ». Emma est à la marge, elle est perçue comme une extraterrestre ; sa différence, au lieu d’épater, jalouse et agace. Comme beaucoup d’enfant dans ce cas, elle dérive, souffre de phobie scolaire. Testée haut-potentiel, elle passe en un an de la 4e à la 1e. Du collège au lycée. Des regards moqueurs à une acceptation de ce qu’elle est. Pendant toutes ces années, la musique est plus qu’une passion, une nécessité vitale, « une respiration, je suis amoureuse de la musique  ! »

En fin de première, Emma préfère redoubler  : « je n’étais pas prête à aller en fac à seize ans et si je sais vouloir faire de la musique ma vie, je n’avais pas d’idée suffisamment arrêtée sur les études à suivre ». Elle embrasse toutes les options littéraires possibles dont la philo et l’anglais. « J’ai adoré découvrir la culture anglaise et cette année-là, j’ai commencé à mesurer qui j’étais artistiquement, je suis passé à des textes plus personnels où j’exprime mes ressentis, qui je suis, mon homosexualité »... Et cette différence qui fécondait sa souffrance, elle l’a transformé « pour qu’il en ressorte du beau ».

Mais la vie n’est jamais simple : « Il y a un an, on m’a diagnostiqué une tumeur bénigne à l’oreille droite. Elle n’est pas cancéreuse, mais est située profondément dans le nerf auditif, toute proche du cerveau. Une opération serait complexe... et à mon âge, les rayons sont impossibles ». En un an, elle a perdu l’audition de son oreille droite, de quoi la faire renoncer à ses projets  ?  : « Non, cela m’a donné encore plus de force  ! »

Aujourd’hui, Emma est fière d’avoir dépassé ces épreuves, heureuse d’avoir persévéré dans cet idéal musical « où je ne me pose pas de question, où je suis moi-même et tellement bien ».

Et pour tous ceux qui la rencontrent et l’écoutent, sa différence devient vite leur préférence  !