Féminicides : les ‘‘colleuses’’ visent les tribunaux de Thonon et d’Annecy

F éminicides : État coupable, justice complice. Ces mots ont été affichés aux murs de tribunaux d’Annecy et de Thonon-les-Bains dans la nuit du 3 au 4 novembre, comme sur ceux de 24 autres tribunaux français d’importance* tels que Paris, Lyon, Bordeaux, Marseille ou encore Toulouse. A noter que Thonon est, avec Périgueux (30.000 habitants), la ville la plus petite concernée par ces collages.

Pour la première fois, plus de 300 femmes ont ainsi simultanément collé des affiches afin d’exiger des actions et pointer du doigt la responsabilité de l’Etat, de la justice et de la police dans les féminicides. « L’Etat ne peut plus détourner le regard, la justice ne peut plus dire qu’elle ne savait pas. Nous avons collé noir sur blanc la vérité sur leurs murs », indiquent, dans un communiqué, celles qui se sont baptisées les «colleuses«.

Depuis le 30 août, ces dernières envahissent « les rues de France en allant coller contre les féminicides et les violences conjugales pour reprendre la place qui nous est due dans l’espace public et alerter sur cette situation dramatique. » Depuis le début de l’année 127 femmes ont été assassinées par leur conjoint ou leur ex-conjoint. Chaque année, 219 000 femmes sont victimes de violences conjugales.

« Nous déplorons n’avoir pas d’autre choix que d’entrer dans l’illégalité pour espérer nous faire entendre. Nous nous trouvons dans l’obligation de prendre la parole pour toutes celles qui ne le peuvent plus », poursuivent les colleuses. Suite à cette nuit de collage, quatre femmes à Lyon et trois à Paris ont été interpellées.

* Aix-en-Provence, Angers, Annecy, Antibes, Bayonne, Béziers, Bordeaux, Caen, Châlons-en-Champagne, Cherbourg, Cholet, Grenoble, Lyon, Marseille, Nancy, Nantes, Nice, Paris, Périgueux, Reims, Saint-Étienne, Strasbourg, Thonon-les-Bains, Toulon, Toulouse, Tours.