(VIDÉO & PHOTOS) Hôpital de Chambéry: les urgences poursuivent la grève, des médecins la rejoignent

Les manifestants présents ont distribué de nombreux tracts aux véhicules et personnes de passage.
Les manifestants présents ont distribué de nombreux tracts aux véhicules et personnes de passage.

Six mois. C’est au début de mois de mai que les services d’urgences de partout en France ont démarré ce mouvement de grève, suivie par une partie du personnel de l’hôpital de Chambéry.

Le 28 septembre, un préavis de grève a été déposé et depuis, tous les mardis, de nombreux membres du CHMS (Centre hospitalier Métropole Savoie), qui compte au total 4 698 agents, manifestent devant les urgences de la cité des Ducs, avec une coopération intersyndicale. « On arrête tous les véhicules qui passent pour leur distribuer des tracts et faire de la sensibilisation auprès de tous » explique Fabrice Lodo, ancien aide-soignant et représentant du personnel membre de la CGT.

Des revendications précises

Les revendications sont claires : davantage de lits pour tous, de professionnels aussi, et de meilleures conditions de travail. « La charge de soins augmente, les équipes s’épuisent et il y a réel risque de rupture » souligne un infirmier en réanimation.

Même son de cloche pour une infirmière aux urgences, pour qui les « conditions se dégradent, avec de trop nombreux patients qui dorment sur des brancards dans les couloirs faute de place ».

«
Un klaxon = un soutien
», tel est le slogan des manifestants devant les urgences.
« Un klaxon = un soutien », tel est le slogan des manifestants devant les urgences.

Mais il n’y a pas que les infirmiers qui sont concernés. « On parle beaucoup d’eux, mais les secrétaires ou encore les ouvriers hospitaliers travaillent également dans de mauvaises conditions, et méritent d’avoir tout autant de visibilité » ajoute Fabrice. Ils sont d’ailleurs de plus en plus nombreux à rejoindre les manifestations. « On veut être vus comme des soignants, on fait partie d’un des pôles qui rapportent le plus d’argent, et pourtant c’est comme si nous n’étions rien » relate Sandrine, manipulatrice radiologique.

Les médecins s’allient à la cause

Ce mouvement de grève a pourtant pris un nouveau tournant ces dernières semaines. En effet, le 23 octobre dernier, dix-neuf médecins du CHMS ont rejoint le mouvement de grève, une décision « qui donne encore plus de poids aux manifestations et revendications, et rend ce mouvement quelque peu historique » pour Fabrice Lodo.

S’ils se sont alliés à la cause, ils restent pourtant discrets et ne dévoilent pas leur identité, préférant apporter leur soutien de manière anonyme pour le moment.

Après la distribution de tracts, plusieurs membres du personnel hospitalier ont mené une action symbolique, pour rendre hommage aux urgences, à l’hôpital et au Samu.
Après la distribution de tracts, plusieurs membres du personnel hospitalier ont mené une action symbolique, pour rendre hommage aux urgences, à l’hôpital et au Samu.

Une prise de position qui conforte les manifestants présents devant l’hôpital chaque mardi, sur leur temps de repos, pour leurs actions futures (voir ci-contre). « Il est important que tout le monde comprenne qu’on est tous concernés par ce qu’il se passe actuellement, on aura tous affaire à l’hôpital à un moment dans notre vie, nous ou nos proches » scande une manifestante.