Saint-Félix: il harcelait ses victimes à coup de milliers de messages

L’homme était incarcéré depuis sa première comparution début octobre 2019. (photo d’illustration Flickr - Andri Koolme)
L’homme était incarcéré depuis sa première comparution début octobre 2019. (photo d’illustration Flickr - Andri Koolme)

Les débats ont duré plus de 5 heures lors de la comparution immédiate du 16 octobre avant que le tribunal d’Annecy condamne un époux à 12 mois de prison dont 8 avec sursis et mise à l’épreuve durant 2 ans et 200 € d’amende pour des appels téléphoniques malveillants et du harcèlement moral.

Incarcéré depuis sa première comparution début octobre 2019, l’homme de 48 ans, front dégarni, sweat marine, ventre rond, n’a de cesse de se justifier. Fou de haine depuis son divorce, il se défoule contre la mère de ses enfants au travers de 2200 messages téléphoniques en 7 mois (entre 2018 et 2019) à Saint-Félix, Cran-Gevrier et Annecy.

« Près de 300 par mois ! », lui fait remarquer le président. Comme il reproche à son ex-belle famille d’être aussi responsable de sa situation, le prévenu s’en prend à son ex-belle sœur avec 1921 appels émis en quelques mois. Injures, menaces de mort, le panel de messages est royal.

« Papa, il va te tuer »

Devant la gare de Saint-Félix, le 6 juin 2019, il surgit de nulle part et bondit sur la voiture de son ex-épouse. « Il voulait ouvrir ma portière pour me frapper !, explique la victime. Il avait les enfants avec lui ». Il parvient à la poursuivre en voiture, lui barre la route. Terrifiée, la jeune femme parvient appelle les secours.

Le 24 août 2019, devant la gare d’Annecy et sous les caméras, l’homme se déchaîne encore alors qu’il rend les enfants à leur mère. Les SMS continuent : « Je suis un psychopathe, un taré, un assassin. Si t’as peur pour tes enfants viens les prendre ! » Un des enfants, paniqué, envoie un message de détresse à sa mère : « Papa, il va te tuer ».

Dans le box, l’homme est toujours très vindicatif dans ses explications, se portant en victime comme souvent dans les dossiers de violence conjugale. Pour la voix du parquet, Martine Imberton hausse le ton : « Vous dites que vous souffrez. Est-ce que la souffrance ou la perversité vous autorise à insulter votre ex-épouse comme cela ? Cela s’appelle des violences psychologiques ! ». Elle requiert 20 mois de prison dont 8 avec sursis et mandat de dépôt.

L’impact du harcèlement

Le point délicat de cette affaire : l’impact du harcèlement sur la victime. Malgré l’épuisement psychique et physique de la victime, ne pouvant même plus regarder son tortionnaire moral à l’audience, aucun certificat médical ne lui avait été délivré.

Le prévenu est sorti libre du palais de justice. La justice a ordonné une interdiction d’entrer en contact avec les victimes et obligation de travail et de soins.