(VIDEO) Thonon : une famille aborde l’hiver sans gaz ni eau chaude

La chaudière de Séverine Maurice a été coupée le 6 juin. Depuis rien ne bouge.
La chaudière de Séverine Maurice a été coupée le 6 juin. Depuis rien ne bouge.

Thonon-les-Bains

Quatorze degrés. Dans l’appartement de Séverine Maurice, où elle vit avec ses trois enfants, la température affiche 14º. A quelques pas de la mairie, dans l’un des plus vieux quartiers de Thonon, son immeuble, de style Art déco, est à l’image des autres construits à la même époque. Usé par le temps mais avec encore un charme certain. Pourtant, à l’intérieur, l’ambiance est différente. A l’approche de la fin d’année et de la baisse annoncée des températures, cette mère de famille a décidé de sortir de son silence. « Le technicien qui est venu pour faire l’entretien de ma chaudière en juin était plus que surpris. Il m’a dit qu’elle était installée au mauvais endroit et pas aux normes, et il a tout coupé »

Depuis, cette intérimaire en Suisse remue ciel et terre pour tenter de trouver une solution : « J’ai 6 ou 7 devis différents mais personne ne veut effectuer les travaux car ils ont peur ». Une situation d’autant plus inquiétante que lorsque, à la demande de la locataire, GRDF s’est déplacée le 22 août, la décision a été radicale : « Ils ont décidé de couper le gaz car c’était trop dangereux. J’avais des maux de tête car il n’y a pas d’aération. Je vis quand même dans cet appartement avec mes trois enfants mais rien ne bouge »

Douches glacées et volets cassés

« Toute la famille est obligée de prendre des douches glacées, j’ai dû acheter un petit convecteur pour tenter de chauffer un minimum, et une plaque pour pouvoir cuisiner » explique Séverine Maurice. Le danger lié à sa chaudière et cette coupure de gaz, c’est la goutte de trop.

Depuis son installation dans cet appartement, il y a 4 ans, elle rencontre de nombreux problèmes. Il y a ainsi son four qui brûle les tiroirs, juste au-dessus. La chaleur a déjà fait fondre le plastique blanc qui les recouvrait. Et ce n’est pas tout : « Nous n’avons pas de clé pour le digicode en bas de l’immeuble. Cela veut dire que si pour une raison X ou Y, il n’y a pas de courant, ce qui arrive régulièrement, nous sommes bloqués dehors. Je ne compte plus les fois où j’ai dormi à l’hôtel avec mes enfants ». En faisant un rapide tour de l’appartement qu’elle loue, le constat est alarmant : il y a fils électriques à nu dans la salle de bains où une fenêtre donne directement… dans un mur ! Les volets sont dans un état déplorable. Dans la chambre de son fils, l’un des battants du volet n’est même plus accrochée à l’encadrement. « Et personne ne fait rien. J’en ai parlé à mon propriétaire, qui est d’accord pour faire certains travaux mais on se heurte au syndic. » Cette inaction fait craindre un hiver des plus rudes pour Séverine Maurice et ses enfants. « On approche de la période où les températures vont fortement baisser. Comment on va faire ? Je paie plus de 900 euros de loyer, sans les charges. Passer l’été sans chaudière et sans gaz, c’était jouable, mais là cela va commencer à devenir sacrément problématique et dangereux. »

Des caves abandonnées

Depuis plusieurs mois, les caves de cette petite copropriété de la rue Ferdinand-Dubouloz, à Thonon, sont à l’abandon. « J’ai peur d’y aller, je me demande s’il n’y a pas des gens qui y vivent car il y a des mégots… », explique la mère de famille. Ordinateurs explosés au sol, débris en tous genres, vélos rouillés ou bien encore planches de bois jonchent le sol des caves, plongées en partie dans l’obscurité.

«L’immeuble n’est pas aux normes, c’est une catastrophe»

Contacté, Nexity, le syndic en charge de l’immeuble, affirme que « c’est au propriétaire de faire les travaux, on ne peut rien faire. Il faut voir directement avec lui ». Et justement, le propriétaire à des choses à dire  : « Il faut que cela se règle et vite. Ce n’est même pas une question d’argent. J’ai appelé quasiment tous les chauffagistes de la région, et ils prennent peur. A chaque fois que je tente de trouver une solution, il y a un nouvel obstacle qui fait tout capoter. Il faudrait tout passer à l’électrique. Mais j’ai découvert qu’il n’y avait pas de prise de terre. L’immeuble n’est absolument pas aux normes, c’est une catastrophe. Tout est à refaire. » Et de lancer un appel à l’aide. « Si des artisans veulent venir faire les travaux dans l’appartement, qu’ils viennent. Le plus rapidement sera le mieux. La situation est plus que compliquée pour ma locataire. Le problème c’est qu’à l’heure actuelle, il n’y a pas de solution. J’ai pris un avocat car j’ai acheté un appartement avec pleins de vices cachés et je ne sais pas contre qui me retourner. Le syndic n’est pas capable de nous fournir les informations nécessaires. Tout le monde se renvoie la balle. » Locataire comme propriétaire semblent donc sur la même longueur d’ondes pour ce problème de chaudière et de gaz. « Mais comment quelqu’un a pu homologuer cette installation  ? On a fait des tests, et même après que la chaudière de ma locataire ait été éteinte, il y avait du monoxyde de carbone dans son appartement. Il faudrait refaire toutes les chaudières de l’immeuble. »