A La Chapelle-d’Abondance, Vincent Faibre rêve de mieux «nourrir les enfants de la vallée»

Vincent Faibre a travaillé pendant 20 ans dans la restauration, chez Marc Veyrat ou encore Paul Bocuse.
Vincent Faibre a travaillé pendant 20 ans dans la restauration, chez Marc Veyrat ou encore Paul Bocuse.

La Chapelle-d’Abondance

Il y a des épiciers qui ont le chic pour vous donner la banane. C’est ce qui arrive lorsque l’on passe la porte de la boutique « Bio en Abondance », à La Chapelle-d’Abondance. Le sémillant Vincent Faibre, ancien gendre de la famille Trincaz, a créé son petit espace de vente de produits bio au centre du village, juste à côté de l’ESF. Le Bourguignon d’origine a pu ouvrir sa boutique grâce à un site participatif sur internet.

« Que mes enfants mangent bien »

Depuis presque un an, le père de famille de 46 ans veut donner vie à ses ambitions : « Je veux que mes enfants mangent bien, livre-t-il avec simplicité. Nous devons changer notre façon de nous nourrir, consommer de manière responsable afin de leur assurer un meilleur avenir. »

Le doux rêveur travaille chaque jour dans son épicerie de montagne. Son vélo garé devant la porte, un portrait de Coluche au-dessus de la caisse, le petit commerçant privilégie les produits locaux sur ses étals. « Je me ravitaille en fruits et légumes à Publier ou à Fessy, les œufs sont de Marin. » Pour le reste, il fait « très attention à la provenance » car « il ne faut pas toujours se fier à l’étiquette bio ! »

Vincent Faibre a ses réseaux, en Ardèche et dans l’Ain notamment. Car ce fils de tenancier de bistrot a eu d’autres vies avant de s’installer à La Chapelle. « J’ai travaillé 20 ans dans la restauration chez Marc Veyrat ou Paul Bocuse. C’est grâce à cela que j’ai pu voyager. » Epicurien, il a savouré « son adolescence » jusqu’à la trentaine. Il continue aujourd’hui de profiter des petits bonheurs de la vie. De ses enfants tout d’abord, mais aussi de son boulot de saisonnier « qui lui manque » car il « adore la montagne », de son longboard de descente qu’il enseigne désormais à son fils, ou encore de son ukulélé.

« Je veux sauver la planète ! »

Son épicerie n’est pas très rentable aujourd’hui car d’après lui, « l es gens du coin n’osent pas forcément rentrer dans le magasin. Il faut du temps. » Malgré tout, l’hiver est une période plus propice au commerce car « les touristes ont l’habitude de consommer bio et aiment fréquenter les petits commerçants. »

La tête remplie de projets, il rêve de « nourrir les enfants de la vallée » mais se satisfait aujourd’hui de fournir du bio à la crèche de son village. « Je veux sauver la planète ! C’est moi Zorro ! » lance-t-il en rigolant. De la bonne humeur à revendre dans cette épicerie !

Lauren Lacrampe

Des paniers bio

L’épicier va proposer à nouveau la vente de paniers de produits locaux et de saison aux habitants de la vallée : « Je vais réorganiser ça avant la fin de l’année », assure-t-il.