Du 4 au 6 août, une expédition scientifique menée et coordonnée par la fédération départementale de pêche de Savoie est partie à l'assaut du Lac Blanc.
Cet espace de 7,5 hectares sur 42 mètres de profondeur constitue le plus haut lac piscicole de France situé à 2850 mètres d'altitude.
Qualifiée de lac polaire, 8 à 9 mois sous la glace, il a livré quelque un de ces mystères et reste un laboratoire unique en plein air où la vie a su prendre le dessus. Approche physique par cartographie, approche physico-chimique par analyses de l'eau, approche thermique, approche biologique étaient au programme.
C'est dans la brume et la neige que l'équipe, composée d'une quinzaine de personnes, a dû travailler. Jusqu'à 10 cm de neige ont recouvert le sol et refroidie une eau à 6 °C en surface et de 4 à 5°C plus en profondeur.
« Notre camp se trouvait au Lac Verdet, il fallait ensuite compter 40 minutes de marche pour se rendre sur le lieu de l'étude » nous explique Vincent Court, chargé de mission communication-pédagogie à la fédération de Savoie pour la pêche.
Plus d'1,5 tonne de matériel a été héliporté. Sur place pour les plongeurs, il s'agissait bien sûr de faire des prélèvements de sédiments, leurs macro-organismes.
« Aujourd'hui tous les prélèvements sont en analyse mais ce qu'on peut déjà affirmer est notre étonnement face à la minéralité de ce site. » Un échosondeur a également permis de réaliser une carte en 3D de ce site exceptionnel. Exceptionnel pour plusieurs raisons. Sa taille bien entendu
« il n'y a pas d'équivalent » mais aussi ses habitants. Les cristivomer. Il ne se développe que dans des eaux très froides et peut même vivre dans des conditions extrêmes que les autres salmonidés ne pourraient supporter. Poisson mythique introduit dans les années 90 par l'association de pêche locale.
« Nous ne savions pas s'il s'était adapté. » La pose de filet, 100m² a permis de capturer 46 spécimens afin de faire quelques prélèvements : écailles pour déterminer leur croissance, estomac pour connaître leur régime alimentaire
... « On s'est aperçu qu'en grandissant, les adultes étaient plutôt maigres. » Le lac n'a cependant pas encore livré tous ses secrets, reste à savoir s'il sera à nouveau ouvert à la pêche ou s'il est nécessaire de le protéger, d'en faire un sanctuaire pour son
« très bel intérêt scientifique. » Ce laboratoire in situ était jusqu'à présent vierge de toute étude
« ses eaux sont très claires. Il reste impressionnant et mystérieux, presque mystique avec cette brume qui nous entourait. » D'autres expéditions sont prévues mais elles concerneront d'autres lieux : le lac du Verdet et le lac noir.
CINDY GOMES Journal La Savoie
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